Catalogue

Nouveautés

Quelques romans...

La servante écarlate

par Margaret Atwood
Sorti en 1985, adapté en série, le roman de Margaret Atwood, dans lequel les femmes sont contraintes d'être mères porteuses, connaît une explosion des ventes dans l'Amérique de Trump. «Il nous est interdit de nous retrouver en tête à tête avec les Commandants. Notre fonction est la reproduction. [...] Rien en nous ne doit séduire, aucune latitude n'est autorisée pour que fleurissent des désirs secrets.» Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l'Ordre a été restauré. L'État, avec le soutien de sa milice d'Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d'un Évangile revisité. Dans cette société régie par l'oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L'une d'elle raconte son quotidien de douleur, d'angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d'une vie révolue, d'un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom. Une oeuvre d'une grande force, qui se fait tour à tour pamphlet contre les fanatismes, apologie des droits de la femme et éloge du bonheur présent.

La tresse

par Laetitia Colombani
"Laetitia Colombani signe un premier roman intitulé «la Tresse», qui noue les destinées alternées de trois femmes puissantes autour du motif capillaire. Comme la mondialisation fait rage, chacune vit sur un continent. La première est une malheureuse intouchable qui vit en Inde, où elle «ramasse la merde des autres à mains nues», refuse de voir un jour sa fille de 6 ans reproduire «les gestes des videurs de toilettes», et l'embarque donc dans un périple ferroviaire en priant Vishnou. La deuxième, une jeune Napolitaine amoureuse d'un bel exilé sikh, se retrouve à la tête d'une entreprise familiale qui fabrique depuis un siècle des perruques avec des cheveux importés de Sicile. Et la troisième, une wonder-woman quadragénaire domiciliée au Canada, tente de cacher son cancer à ses collègues pour poursuivre sa brillante carrière d'avocate. Comment brosser ces trois fils narratifs pour qu'ils finissent par former un roman? Laetitia Colombani s'en tire en soulignant gravement combien, partout, les femmes doivent se battre contre les discriminations, les traditions, les gros cons. La teinture est un peu voyante, mais son exercice d'écriture synchronisée est un livre bien peigné: une langue claire et lissée avec soin, des phrases chocs. " BibliObs

Le cercle

par Dave Eggers
En digne descendant de George Orwell et de William S. Burroughs, Dave Eggers renouvelle la littérature d’anticipation dystopique. Chef-d’oeuvre du genre, Le Cercle est le premier grand roman de notre nouvelle ère hypernumérique.

Le Trône de Fer (1) : Le trône de fer : roman. 1

par George R. R. Martin
Le royaume des sept couronnes est sur le point de connaître son plus terrible hiver : par-delà le mur qui garde sa frontière nord, une armée de ténèbres se lève, menaçant de tout détruire sur son passage. Mais il en faut plus pour refroidir les ardeurs des rois, des reines, des chevaliers et des renégats qui se disputent le trône de fer, tous les coups sont permis, et seuls les plus forts, ou les plus retors s'en sortiront indemnes...

L'ordre du jour : récit

par Eric Vuillard
Par une série d'instantanés, Eric Vuillard fixe son singulier rendez-vous avec l'Histoire. La montée au pouvoir des nazis comme on ne l'a jamais lue. Nous voici d'abord projetés le 20 février 1933, un lundi de froid et de brume. Ce jour-là, vingt-quatre barons de l'industrie allemande ont rendez-vous au Reichstag, à l'invitation de son président, Goering, pour y rencontrer Hitler. Vuillard décrit le ballet des berlines noires qui s'avancent une à une dans la cour, les vingt-quatre messieurs qui successivement en sortent, puis arpentent les salons... Au terme de leur visite, les nobles messieurs verseront leur généreuse obole au parti nazi. Quelques pages plus tard, nous serons au Berg­hof, la résidence bavaroise du désormais chancelier du Reich, dans le secret d'un tête-à-tête inouï entre le dirigeant nazi et le fébrile chancelier autrichien Schuschnigg. Plus tard on partira à Londres, où, en présence de Churchill, Chamberlain reçoit à déjeuner l'ex-ambassadeur Ribbentrop, nous sommes le 12 mars 1938, l'Anschluss est en marche... Ces scènes saisissantes s'ajoutent les unes aux autres pour retracer l'inertie coupable, la succession de lâchetés, de bassesses, de compromissions qui ont mené à l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne. La démonstration d'Eric Vuillard est limpide, cinglante, implacable. Télérama

Vernon Subutex (1) : Vernon Subutex : roman. Tome 1

par Virginie Despentes
Dans ce roman, le héros principal Vernon Subutex, un ancien disquaire parisien expulsé de chez lui à la suite de la faillite de sa boutique, contacte ses anciens amis au fur et à mesure pour trouver un hébergement de quelques nuits chez chacun d'entre eux. L'auteure dit avoir eu l'idée d'écrire ce roman en « voyant des gens autour d'[elle] se retrouver dans des situations compliquées à la cinquantaine »2. Elle s'attache à présenter « toutes les classes sociales » de la société française actuelle qu'elle qualifie de « triste » et « dépressive». Le nom du personnage principal, Subutex, fait référence au nom commercial de la buprénorphine, substance utilisée pour le traitement de la dépendance aux opiacés comme l'héroïne. Le prénom de Vernon fait quant à lui référence à l'un des pseudonymes de l'écrivain Boris Vian : Vernon Sullivan Wikipédia

Au fond de l'eau

par Paula Hawkins
Une semaine avant sa mort, Nel a appelé sa soeur, Julia. Qui n’a pas voulu lui répondre. Alors que le corps de Nel vient d’être retrouvé dans la rivière qui traverse Beckford, Julia est effrayée à l’idée de revenir sur les lieux de son enfance. De quoi a-t-elle le plus peur ? D’affronter le prétendu suicide de sa soeur ? De s’occuper de Lena, sa nièce de quinze ans, qu’elle ne connaît pas ? Ou de faire face à un passé qu’elle a toujours fui ? Plus que tout encore, c’est peut-être la rivière qui la terrifie, ces eaux à la fois enchanteresses et mortelles, où, depuis toujours, les tragédies se succèdent. Julia, Lena, Nel : avec ce superbe portrait de trois femmes en quête d’elles mêmes, aux prises avec les pesanteurs du passé, on retrouve l’infinie compréhension pour ses personnages dont témoignait déjà Paula Hawkins dans La Fille du train.

Cet été là

par Martin Lee
Un 5 juillet, dans une petite ville de l'Indiana (Etats-Unis), Katie Mackey disparaît. Elle a 9 ans et des cheveux d'or. Il ne reste d'elle que son vélo, abandonné contre un mur. Elle a été kidnappée, peut-être pire. C'était il y a trente ans, une éternité, un soupir tremblé. Le vieux Henry Dees se souvient. A l'époque, ce prof de maths solitaire donnait des cours particuliers à Katie. Elle était jolie, elle sentait bon, il l'aimait comme on aime l'enfant qu'on n'aura jamais. En tout cas, c'est ce qu'il affirme... Paragraphe suivant, le narrateur change. Gilley, le grand frère de la disparue, remâche ses remords. S'il n'avait pas lâché à la cantonade "Katie n'a pas rendu ses livres à la bibliothèque", afin de se venger d'une broutille, elle n'aurait pas quitté la maison pour rendre ses bouquins à temps, pas rencontré l'innommable. Il y a aussi les voisins de Henry Dees: Clare, veuve ratatinée en ménage avec Raymond R., un bricolo pas réglo. Et puis les parents de la fillette, Junior et Patsy Mackey, couple idéal à la prospérité jalousée, jusqu'à cet effroyable 5 juillet. Au fil des pages, les témoins alternent et se découvrent chaque fois un peu plus. Les apparences se lézardent, nul n'est jamais ce qu'il prétend être. Cet été-là, sélectionné pour le prix Pulitzer en 2006 et premier roman traduit en français de l'Américain Lee Martin, est un diabolique miroir aux alouettes. Derrière les mots si simples, les mensonges. Manipulation, folie, besoin d'amour désespéré, détresse secrète s'y terrent, glaçants.

Ils vont tuer Robert Kennedy

par Marc Dugain
C’est l’histoire d’une obsession. Depuis son adolescence, Marc Dugain ne cesse d’être fasciné par le mystère des Kennedy, ce clan glorieux et conquérant dont les membres, ronde tragique, sont fauchés les uns après les autres. Dans La malédiction d’Edgar, en 2005, consacré à Hoover, le tout-puissant maître-chanteur du FBI, Marc Dugain avait mis en scène John et Robert Kennedy, cibles prioritaires du voyeur pervers qui avait juré leur perte. Cette fois, il suit dans un long roman, à tiroirs et à méandres, la trajectoire brisée de Robert, assassiné cinq ans après son frère, au moment où son élection à la Maison Blanche semblait acquise. Deux thèses, qui remettent en cause bien des idées reçues, étayent sa fiction et en charpentent le récit. Selon Marc Dugain, les deux frères Kennedy cheminaient vers la mort et le savaient. En bon connaisseur du dossier, il réfute la version officielle des tueurs solitaires. John et Robert sont tombés sous des tirs groupés. Pour lui, Lee Harvey Oswald à Dallas et Shiran Shiran à Los Angeles ne furent que les leurres de professionnels embusqués, en contrat avec une coalition qui rassemblait la CIA, la mafia, l’armée, Johnson et même, c’est l’une des révélations de ce livre, George Bush. La Croix

La disparition de Josef Mengele

par Olivier Guez
Lire le roman d’Olivier Guez sur la Disparition de Josef Mengele vous plonge au fil des pages dans un état d’effroi absolu. Comme si l’on vous glissait lentement dans un bain d’eau glacée. Car ce n’est pas seulement le côté monstrueux du médecin-tortionnaire d’Auschwitz qui ressort de ce livre, mais aussi les multiples complicités dont il a bénéficié tout au long de sa cavale et surtout l’incompréhensible loupé de tous ceux qui ont essayé de le capturer des années durant. Le filet de sécurité dont il a profité dans le monde entier, constitué d’hommes et de femmes apparemment «normaux», concept théorisé par Hannah Arendt avec sa «banalité du mal», donne une idée de l’ampleur de cette masse silencieuse de sympathisants à l’idéologie nazie qui ne demande qu’à s’éveiller à la première occasion. Libération

L'amour est une maladie ordinaire

par François Szabowski
Notre héros, parce qu'il sait que l'amour ne dure que s'il meure en pleine gloire, décide de simuler sa mort auprès de la femme de sa vie pour que, toute sa vie, elle l'aime comme elle l'aimait au jour de sa mort. Et croyez-moi, être mort n'est pas tous les jours un exercice facile pour qui est bien vivant ! Mais quand on a goûté une fois à l'Amour Absolu, comment ne pas succomber une seconde fois, et peut-être même une troisième, voire une quatrième ? Alors là, vraiment, la situation se complique... Mené de bout en bout avec humour et brio (un exercice littéraire très compliqué s'il en est), cette comédie sait aussi se montrer grave et profonde. Un régal mais dont la longueur en bouche est digne d'un grand cru ! Librairie le Bateau livre

Le beau mystère

par Louise Penny
L'abbaye québécoise de Saint-Gilbert-entre-les-Loups est célèbre pour ses chants grégoriens, dont celui du beau mystère. Mais la tranquillité des moines, qui vivent à l'écart du monde, est troublée après l'assassinat de leur chef de choeur. L'inspecteur Gamache et son adjoint Jean-Guy Beauvoir sont dépêchés sur place.

Les intéressants : roman

par Meg Wolitzer
"Six ados new-yorkais des années 70. Leurs rêves, leurs grandes espérances et puis la vie qui passe, avec ses compromis. Une fresque vivante et nostalgique." Les six héros de Meg Wolitzer Ethan, Ash, Goodman, Cathy, Jonah et Jules se surnomment« les intéressants »...Sûrs de leur originalité, quand ces jeunes New-Yorkais de bonne famille se rencontrent en 1974, à 16 ans, dans un chic camp de vacances. Mais sans savoir vraiment encore quel est leur talent et ce que l'avenir leur réserve ; même s'ils se promettent au moins de rester amis pour l'éternité... Fille d'une veuve fauchée, Julie fait exception, que les cinq autres ont autoritairement rebaptisée « Jules ». C'est à travers son regard vaguement envieux que l'on va suivre, quarante ans durant, les chemins tortueux des auto-proclamés « intéressants ». Et, en sourdine, l'évolution de la société américaine : de Nixon aux années sida, de la débâcle économique jusqu'aux dérives du système de santé... Gros garçon maladroit mais génie du dessin animé, Ethan est le seul à devenir riche et célèbre avec une série qui triomphe à la télé. Il était amoureux de Jules, il épouse Ash, meilleure amie de Jules et fille solaire. Ash sera une metteuse en scène en vogue, quand Jules, comédienne sans grâce, virera à la psychothérapie, compagne d'un dépressif qui lui apprend pourtant à aimer sa banale existence. Car être « intéressant », c'est peut-être juste accepter de ne l'être pas, suggère cette puissante saga qu'on dévore entre enchantement et mélancolie. Défier le temps : voilà la force de son long et palpitant récit, dans un genre où la littérature américaine déjà excelle.

Marx et la poupée

par Maryam Madjidi
Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint avec sa mère son père en exil à Paris. À travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l'abandon du pays, l'éloignement de sa famille, la perte de ses jouets - donnés aux enfants de Téhéran sous l'injonction de ses parents communistes -, l'effacement progressif du persan au profit du français qu'elle va tour à tour rejeter, puis adopter frénétiquement, au point de laisser enterrée de longues années sa langue natale. Dans ce récit qui peut être lu comme une fable autant que comme un journal, Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, rempart, moyen de socialisation, et même arme de séduction massive.

Ma vie pas si parfaite

par Sophie Kinsella
Sophie Kinsella nous offre une nouvelle comédie aussi hilarante que touchante sur le gouffre qui sépare la vie dont on rêve et celle que l'on vit, le choc capitale/province et les nouveaux snobismes des hipsters de tous poils. À Londres et dans le Somerset, de nos jours. Sorties culturelles, soirées animées, restos branchés, job de rêve dans une grande agence de pub, d'après ses comptes Facebook et Instagram, Katie, 26 ans, vit la vie géniale des it-girls de Londres. En réalité, elle loue une fortune une chambre minuscule dans une coloc à presque deux heures du centre, vit sur un budget tellement serré qu'elle doit parfois choisir entre un repas et un " mokaccino " hors de prix et travaille pour une boss cauchemardesque.

Mrs Hemingway : roman

par Naomi Wood
La romancière américaine Naomi Wood fait revivre les quatre épouses d'Ernest Hemingway dans un roman mêlant fiction et réalité. Chacune d'elles fut une partie de lui et lui fut une partie de chacune d'elles. Dans un jeu de miroirs, l'auteure raconte Ernest Hemingway et ses épouses. Elles furent quatre à convoler avec lui : Hadley Richardson (mariée de 1921 à 1927), puis Pauline Pfeiffer (mariée de 1927 à 1940), puis Martha Gellhorn (mariée de 1940 à 1945), puis Mary Welsh (mariée de 1946 à 1961). Elles ne se ressemblent pas. Elles correspondent à des périodes, des battements de cœur, des failles d'un homme de vaillance et de faïence. La romancière américaine Naomi Wood mêle fiction et réalité pour saisir un mythe littéraire qui épousa ses maîtresses et trompa ses femmes tout au long de son existence.

On la trouvait plutôt jolie

par Michel Bussi
En quatre jours et trois nuits, du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, Michel Bussi nous offre un suspense de haut vol, dans lequel, comme toujours, priment l'humain, l'émotion, l'universel. Jusqu'au stupéfiant twist final. Un vrai régal par le maître incontesté du thriller à la française ! Présentation du livre « Qu'est-ce qui ne va pas, Leyli ? Vous êtes jolie. Vous avez trois jolis enfants. Bamby, Alpha, Tidiane. Vous vous en êtes bien sortie. Ce sont les apparences, tout ça. Du vent. Il nous manque l?essentiel. Je suis une mauvaise mère. Mes trois enfants sont condamnés. Mon seul espoir est que l'un d'eux, l'un d'eux peut-être, échappe au sortilège. Elle ferma les yeux. Il demanda encore : Qui l'a lancé, ce sortilège ? Vous. Moi. La terre entière. Personne n'est innocent dans cette affaire. "

Playground

par Lars Kepler
Alexander et Alexandra Ahndoril, le couple d’écrivains suédois qui signe sous le pseudonyme de Lars Kepler, proposent une aventure absolument terrifiante, dans un au-delà extrêmement sombre et violent, dans leur premier « stand-alone » thriller, Playground. Cette fois, ils ont mis de côté leur enquêteur vedette, l’inspecteur Joona Linna, pour raconter l’histoire de Jasmine Pascale-Anderson, une femme lieutenante grièvement blessée lors d’une mission de l’OTAN dans le nord du Kosovo. Le coeur de Jasmine s’est arrêté pendant près de 40 secondes avant que les médecins ne parviennent à la réanimer. À son réveil, elle est absolument convaincue d’avoir vu l’antichambre de la mort. Contrairement aux visions habituelles, ce n’est pas une lumière brillante et apaisante qui lui est apparue, mais plutôt une étrange ville portuaire évoquant la Chine ancienne. Dans ce monde très violent, un gang fait régner la terreur pour s’emparer des « visas » des nouveaux arrivants un sauf-conduit qui leur permet de retourner à la vie. Des années plus tard, lorsque son fils de 5 ans doit subir une opération nécessitant un arrêt cardiaque, Jasmine est convaincue qu’il n’en réchappera pas. Elle décide de l’accompagner de l’autre côté grâce à un coma artificiel. Et comme elle s’en doutait, l’au-delà qu’elle découvre avec son fils est : horrible.

Prix Littéraires 2017

L'ordre du jour : récit

par Eric Vuillard
Par une série d'instantanés, Eric Vuillard fixe son singulier rendez-vous avec l'Histoire. La montée au pouvoir des nazis comme on ne l'a jamais lue. Nous voici d'abord projetés le 20 février 1933, un lundi de froid et de brume. Ce jour-là, vingt-quatre barons de l'industrie allemande ont rendez-vous au Reichstag, à l'invitation de son président, Goering, pour y rencontrer Hitler. Vuillard décrit le ballet des berlines noires qui s'avancent une à une dans la cour, les vingt-quatre messieurs qui successivement en sortent, puis arpentent les salons... Au terme de leur visite, les nobles messieurs verseront leur généreuse obole au parti nazi. Quelques pages plus tard, nous serons au Berg­hof, la résidence bavaroise du désormais chancelier du Reich, dans le secret d'un tête-à-tête inouï entre le dirigeant nazi et le fébrile chancelier autrichien Schuschnigg. Plus tard on partira à Londres, où, en présence de Churchill, Chamberlain reçoit à déjeuner l'ex-ambassadeur Ribbentrop, nous sommes le 12 mars 1938, l'Anschluss est en marche... Ces scènes saisissantes s'ajoutent les unes aux autres pour retracer l'inertie coupable, la succession de lâchetés, de bassesses, de compromissions qui ont mené à l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne. La démonstration d'Eric Vuillard est limpide, cinglante, implacable. Télérama

La disparition de Josef Mengele

par Olivier Guez
Lire le roman d’Olivier Guez sur la Disparition de Josef Mengele vous plonge au fil des pages dans un état d’effroi absolu. Comme si l’on vous glissait lentement dans un bain d’eau glacée. Car ce n’est pas seulement le côté monstrueux du médecin-tortionnaire d’Auschwitz qui ressort de ce livre, mais aussi les multiples complicités dont il a bénéficié tout au long de sa cavale et surtout l’incompréhensible loupé de tous ceux qui ont essayé de le capturer des années durant. Le filet de sécurité dont il a profité dans le monde entier, constitué d’hommes et de femmes apparemment «normaux», concept théorisé par Hannah Arendt avec sa «banalité du mal», donne une idée de l’ampleur de cette masse silencieuse de sympathisants à l’idéologie nazie qui ne demande qu’à s’éveiller à la première occasion. Libération

L'art de perdre

par Alice Zeniter
« Ce qu'on ne transmet pas, ça se perd, c'est tout. Tu viens d'ici mais ce n'est pas chez toi », rétorque à Naïma un artiste algérien. Née dans une famille harkie, la jeune galeriste ignore tout de l'Algérie et de l'enfance de ce père, débarqué à Marseille en 1962. Elle est juste venue récupérer les dessins d'un chantre de l'Indépendance. Et un peu d'elle-même, forcément, de ce passé kidnappé par ces grand-père et père qui ont préféré tout oublier. Dès les années 1950, l'Algérie massacra trop de ses fils au service de la France colonisatrice. Qui abandonna d'ailleurs sans remords ses « collaborateurs » : à leur arrivée, le gouvernement gaulliste parqua dans de misérables baraquements la minorité de harkis qui avait pu échapper aux représailles du FLN. Cette saga aux allures de dérisoire et sinistre épopée brasse le destin de la famille Zekkar, de 1930 à aujourd'hui, et celui d'une Algérie qu'on n'en finit pas de rejeter de ce côté-ci de la Méditerranée. Sait-elle trop notre irresponsabilité nationale et nos xénophobies ordinaires ? Ici, c'est la culpabilité mortifère de toute une communauté bannie des siens, et le silence de la honte, de la peur où elle se réfugie, qu'Alice Zeniter met en scène. Pour se libérer du fardeau qui pèse sournoisement sur elle, sur eux, Naïma enquête sur cette parentèle dont le roman croise habilement les parcours. Le patriarche, le fils, la petite-fille : trois personnages, trois époques, trois pans d'Histoire et de culture arabe et française, trois manières d'être au monde. Et de revendiquer, aussi, son statut d'homme ou de femme...

La serpe

par Philippe Jaenada
S’emparant du triple meurtre du château d’Escoire, en 1941, Philippe Jaenada dresse avec brio le portrait d’Henri Girard, l’héritier d’abord suspecté puis acquitté. Neuf ans plus tard, ce dernier connaîtra la gloire sous le pseudonyme de Georges Arnaud, avec son roman «le Salaire de la peur», adapté au cinéma.

Les mécaniques du chaos

par Daniel Rondeau
On dirait une série télévisée. Plutôt américaine. Les chapitres très courts s’enchaînent. Des personnages apparaissent, des voitures flambent, des silhouettes passent, des avions se perdent. On bouge sans cesse. On est à Taurbeil, dans le 93, au dernier étage d’un HLM d’où Patron M’Bilal, un Algérien en boubou de soie commun comme le pain d’orge, gère de son lit les stocks de cocaïne que lui procure la Libye. On se retrouve à Tripoli où Moussa, la barbe drue et le nez poudré jusqu’au menton, gonflé de poulet-frites, gavé de Somaliennes et affamé d’Ukrainiennes, songe à monnayer les mosaïques de Leptis Magna, une ruine romaine tombée entre les mains de son clan. A La Valette, on accompagne le chargé d’affaires français à l’hôpital où un réfugié somalien a été abattu dans son lit - ce qui intrigue les «services». A Sidi Bou Saïd, près de Tunis, on flirte avec un vieil archéologue qu’on retrouve à Londres en train d’écouler des statues antiques auprès d’un yuppie sexy qui tâte du marbre millénaire après de brillantes spéculations sur le rouble. Tout le monde a l’air aussi facile à acheter qu’un paquet de chewing-gum. C’est la vie, la vraie, celle dont on aperçoit des bribes aux journaux télévisés. Comme une tache d’encre bue par un buvard, des personnages disparaissent sans que cela n’empêche qui que ce soit de dormir. Paris-Match

Nos richesses

par Kaouther Adimi
C’est d’Alger, capitale d’un pays soumis depuis longtemps à l’injustice et à la violence, que s’élève la voix du narrateur principal de ce livre dont le "nous" endossé par les habitants de la ville porte tout l’héritage du peuple algérien, la somme des histoires de «ces hommes et ces femmes qui ont tenté de construire ou de détruire cette terre». Une voix ravivant les douloureuses mémoires mêlées de l’Algérie et de la France tout en évoquant par touches légères le triste bilan actuel d’un Etat corrompu sans céder pour autant à l’accablement. Au numéro 2 bis de la rue Hamani (ex-rue Charras), il existe un minuscule local annexe de la Bibliothèque Nationale d’Alger portant en vitrine l’inscription "un homme qui lit en vaut deux" et témoignant, «face à l’Histoire, la grande, celle qui a bouleversé le monde», de la petite histoire d’un jeune homme de vingt et un an, Edmond Charlot qui, avec de faibles moyens, y ouvrit en 1936 une petite librairie de prêt baptisée Les vraies richesses en hommage à Giono. Une librairie qui fut avant tout un lieu de rencontre, «un lieu pour les amis», les écrivains et les lecteurs qui aiment la littérature, les arts et les pays méditerranéens. Cet homme enthousiaste et bouillonnant d’initiatives éditoriales fut le premier éditeur de Camus et accoucha ou accompagna nombre de grands écrivains comme Jules Roy ou Emmanuel Robles. Dans ce troisième roman, Kaouther Adimi imagine que ce local a été fermé et racheté pour abriter un commerce rémunérateur de beignets - ce qui s’inscrit bien dans l’esprit d’un Etat qui «brade la culture » - et elle nous conte une histoire s’articulant autour de la naissance, de la vie et de la mort de cette librairie. Deux histoires en fait (sinon trois) mêlant la réalité à la fiction, dont l’une s’ouvre au «matin du dernier jour» et l’autre à l’aube de l’ouverture des Vraies richesses.

À consulter également


Horaires

Lun Fermé
Mar Fermé 15h-19h
Mer  9h-12h  13h30-17h30
Jeu Fermé 13h30-17h30
Ven  Fermé  15h-19h
Sam 9h-12h Fermé
Dim

Fermé



Pour le bonheur des petits...

Pour le bonheur des petits, LA NUIT tombe plus tôt à la médiathèque…

Paysage de neige, paysage nocturne…Venez plonger en famille dans une nuit bienfaitrice avec le paravent de Magali Le Huche, un dispositif de la « Maison en carton » prêté par la MDL.

Une illustration géante pour rêver, observer, partager…Et les mardis et vendredis à la tombée de la nuit c’est encore plus joli de faire parler les petits : la médiathèque est ouverte jusqu’à 19h00.


Nouveau règlement intérieur

Un nouveau règlement intérieur de la médiathèque a été voté par le conseil municipal en date du 2 octobre 2017.

Par rapport à l’ancien règlement, il permet de préciser la place des nouvelles technologies au sein de notre médiathèque.

Petit quizz pour tester vos connaissances et savoir si vous connaissez votre médiathèque.

Est-ce que je peux connaitre la liste des livres que j’ai empruntés depuis mon inscription ?

J’ai rendez-vous chez le coiffeur est-ce que je peux laisser mon enfant à la médiathèque ?

Pour m’inscrire est-ce que je dois habiter Saint-Priest en Jarez ?

Les réservations à quoi ça sert et c’est pour qui ?

Et mon tigre je peux l’emmener à la médiathèque ?

 

Réponses : articles : 10 ; 18 ; 5 ;  8 ; 18

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