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Fermeture estivale

La Médiathèque sera fermée du

lundi 6 au lundi 20 août 2018

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Réouverture le mardi 21 août à 15h !

Quelques romans...

En camping-car

par Ivan Jablonka
« Soyez heureux ! » rugit le père au volant du camping-car cet été 1986. Il lui est insupportable que ses fils n’admirent pas ce désert marocain, ne profitent pas de ces aventureuses vacances qu’il leur offre, avec leur mère. Eux n’ont pas eu leur chance. Lui, surtout, dont les parents ont été assassinés à Auschwitz, qui a grandi dans les institutions réservées aux orphelins de la Shoah, dirigées par la Commission centrale de l’enfance, une organisation juive communiste. Cette injonction au bonheur qu’il n’a pas connu, et qui devient ici acte de résistance, revanche face à la tragédie de ses aïeux, le père de l’historien Ivan Jablonka la concrétisera avec famille et amis chaque été de la décennie 1980. De Corse en Turquie, du Portugal en Italie, de la Grèce au Maroc ou en Sicile. Une manière joyeuse et toujours culturelle de combler les disparitions, les absences et silences sur lesquels ne cessera d’écrire pourtant, et superbement, le fils. A jamais « enfant-Shoah », comme dit de lui Ivan Jablonka, 44 ans. Le camping-car Volkswagen de ses jeunes années est à la mode, sorti des usines allemandes qu’a ressuscitées le plan Marshall, en osmose avec le goût populaire tout neuf des vacances et du plein air ; et en écho à l’éternel exil, du cosmopolitisme forcé des ancêtres. Le camping-car comme métaphore d’une culture, d’un peuple. D’une exigence d’ouverture, de curiosité aussi, et d’une époque en mouvement. Jablonka érige sur le combi Volkswagen une vraie mythologie à la Roland Barthes.

Les beaux étés (3) : Mam'zelle Estérel : 1962

par Zidrou
P epette fulmine ! Mamzelle Esterel, la 4L qui l'a accompagnée durant toute sa jeunesse, va être vendue ! La magnifique auto rouge avait été offerte par les parents de Mado en ’62. Cette année-là justement, Henri, un tantinet cardiaque et Yvette accompagnée de son fidèle routard seront de la partie pour le voyage. L’un est affable et adorable, tandis que l'autre semble plutôt tenir du dragon. Six personnes fourrées dans l'auto et en voiture Simone ! Cette année, pas de plage mais plutôt les églises de Saint-Etienne, recommandées par le guide de la grand-mère. Les vacances risquent d’être encore animées ! Zidrou garde la recette des épisodes précédents : un judicieux assemblage de petits riens qui font le sel de la vie. Placé sous le signe du rapport générationels, l’album est un méli-mélo de mots d’enfants, de blagues d’adultes et de musiques d’époque qui forment au final un tout cohérent. Le scénariste apporte un soin particulier aux dialogues tour à tour frais, tendres et insolents, voire un savant mélange des trois.

4 3 2 1

par Paul Auster
Paul Auster publie "4 3 2 1" (Actes Sud), un roman monumental qui met en scène la vie d'un garçon d'origine juive né en 1947. Auster y inaugure un dispositif narratif inédit en déclinant 4 scénarios possibles pour son personnage, dont la somme dessine un portrait d'une grande profondeur, l'histoire des Etats-Unis en toile de fond. "4 3 2 1" est un roman exceptionnel.

Changer l'eau des fleurs

par Valérie Perrin
Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se réchauffer dans sa loge où rires et larmes se mélangent au café qu'elle leur offre. Son quotidien est rythmé par leurs confidences. Un jour, parce qu'un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son carré de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l'on croyait noires, se révèlent lumineuses. Après l'émotion et le succès des Oubliés du dimanche, Valérie Perrin nous fait partager l'histoire intense d'une femme qui, malgré les épreuves, croit obstinément au bonheur. Avec ce talent si rare de rendre l'ordinaire exceptionnel, Valérie Perrin crée autour de cette fée du quotidien un monde plein de poésie et d'humanité. Un hymne au merveilleux des choses simples.

Dans la combi de Thomas Pesquet

par Marion Montaigne
Si Thomas Pesquet m’était conté : Marion Montaigne (Tu mourras moins bête) a reconstitué le parcours qui a mené le spationaute français des cockpits des avions de ligne aux commandes de la SSI, la Station spatiale internationale. Une enquête minutieuse, nourrie d’observations in situ (la dessinatrice a suivi son entraînement aux Etats-unis, en Europe et en Russie), moins biographique cependant que scientifique. Sous son crayon, le « héros national », l’« envoyé spatial », le chouchou des médias passe au second plan. Marion Montaigne s’intéresse surtout à cette étonnante mutation génétique, cette anomalie que représente « l’homme de l’espace ». Comment, au nom d’un rêve d’enfant — aller dans les étoiles —, une poignée d’individus sensés et instruits est prête à tous les sacrifices. Sélection épouvantable, formation dantesque aux accents kafkaïens, vie personnelle réduite à néant, pression et concurrence de tous les instants : l’existence de ces cadets de l’espace tient davantage du « torture test » que de l’épopée cosmique. Génie de la synthèse et de la transmission, Montaigne parvient comme à son habitude à rendre simple et appétissante une énorme masse de données Télérama

La disparition de Stéphanie Mailer

par Joël Dicker
On se situe aux États-Unis sur la côte est, dans une petite ville non loin de New-York, et les habitants de la ville seront confrontés à une histoire passée qui rejaillit pour amener à une enquête policière et une enquête réalisée par les habitants eux-mêmes. Des destins et des univers différents vont se croiser, certaines histoires seront parallèles tout le long pour se rejoindre à la fin, et enfin on découvrira le dénouement. Un style propre à l'auteur suisse de 32 ans qu'on aime et qui nous rend dépendant de ses écrits. Marie-Claire

La saga de Grimr

par Jérémie Moreau
La Saga de Grimr se déroule en Islande, à la fin du XVIIIe siècle, quelques années avant la plus importante éruption volcanique de l’histoire. On y suit le destin d’un jeune orphelin prénommé Grimr, doté d’une force herculéenne, qu’un voleur de grand chemin a pris sous son aile. Accusé de meurtre, il devra lutter contre le pire déshonneur qui soit au pays des sagas : la mauvaise réputation -celle de troll en l’occurrence. Porté par un souffle romanesque indéniable, ce récit au long cours (220 pages) vaut aussi pour la beauté magnétique de ses pages. Mariant l’aquarelle à la palette graphique, le dessinateur y magnifie les paysages de l’île de l’Atlantique nord par la grâce de variations chromatiques rappelant parfois le peintre britannique David Hockney. A la manière d’un Lorenzo Mattotti, Jérémie Moreau fait ici la démonstration qu’une certaine picturalité n’est pas interdite en bande dessinée.

Les bourgeois : roman

par Alice Ferney
Les Bourgeois, avec un grand B : c’est un nom propre. Alice Ferney aurait-elle cédé aux vieilles sirènes de la saga familiale, genre romanesque si français ? Non. Parce que de romanesque on n’en trouvera guère, dans cette fresque qui suit dix enfants, huit frères et deux sœurs, tous nés entre 1920 et 1940. Intrigues, remariages, amours parallèles, on s’en moque. En revanche, on explore avec une rigueur presque scientifique ce qui fait une époque, ce qui meut ces élites qui seront tour à tour pétainistes, colonialistes, anti-pilule et anti-avortement, crispées sur des valeurs qu’elles ont d’autant moins de raison de remettre en cause qu’elles les rendent finalement plutôt heureuses. Brassant la chronologie, écrivant dans une langue superbement classique, Alice Ferney dégage les lignes de force de ces destins figés dans une rectitude morale qui les mène à la fois aux réussites officielles et aux pires erreurs. Télérama

L'été en pente douce

par Pierre Pelot
"Dans un coin de campagne, durant un été caniculaire, des tensions masculines s'exacerbent autour d'une jeune femme ingénue et sexy. Une bonne adaptation du roman de Pelot, par Pelot lui même et le dessin lumineux de Chauzy."

Lumière noire : roman

par Lisa Gardner
472 jours : c'est le temps qu'a passé Flora aux mains de son bourreau. 472 jours plongée dans un abîme de ténèbres, à n'espérer qu'une chose : survivre.Sortie miraculeusement de cette épreuve, elle cherche depuis à retrouver une existence normale. Pourtant, les murs de sa chambre sont tapissés de photos de filles disparues.Quand, à la recherche de l'une d'elles, Flora se fait de nouveau kidnapper, le commandant D.D. Warren comprend qu'un prédateur court les rues de Boston, qui s'assurera cette fois que Flora ne revoie jamais la lumière...Après le succès du Saut de l'ange, Lisa Gardner, l'un des grands noms du thriller psychologique, se met dans la peau d'une femme pourchassée par son passé, dans une enquête qui nous confronte aux plus insoupçonnables déviances humaines.« À ne manquer sous aucun prétexte. »Harlan Coben

Phénomènes naturels

par Jonathan Franzen
Dans un deuxième roman intitulé Phénomènes naturels, publié à l’origine en 1992, Jonathan Franzen raconte les conséquences d’un tremblement de terre de faible magnitude, dans la région de Boston, sur une famille de "WASP". Frère et soeur. Quand ils étaient des enfants unis par la même cause, dans la maison d'Ipswich du grand-père maternel, ils jetaient des cailloux sur les chevaux pour les sauver d'eux-mêmes. Ils avaient l'impression que l'immobilité des bêtes les condamnait à une mort certaine. Ont-ils vraiment changé? Eileen et Louis Holland. Ils ont une vingtaine d'années chacun et se lancent des pierres pour réveiller leur lien inexistant. La soeur intime au frère : "Détendons-nous. Soyons adultes." Ils sont aujourd'hui trop âgés pour réussir à devenir un jour des adultes. Phénomènes naturels, publié aux Etats-Unis en 1992, est le deuxième roman de Jonathan Franzen. Il n'a cessé d'y revenir car tout y est en germe. La famille et la politique. L'humour et la férocité. Des vies avec soulèvements et effondrements psychiques aux antipodes des fluides glacés de la production et de la consommation marchandes. "La joie ne vaut pas grand-chose si on vous l'impose."

Sans défense

par Harlan Coben
Un adolescent est retrouvé à Londres dix ans après avoir été kidnappé aux États-Unis. Que s’est-il passé ? Patrick et Rhys, amis et voisins, ont été kidnappés alors qu’ils jouaient ensemble. Leurs parents ont versé une rançon mais les petits garçons n’ont jamais réapparu, laissant les deux familles dans l’angoisse et le doute. Dix ans plus tard, à Londres, Win, l’oncle de Rhys, croit reconnaître l’un des deux garçons. Il appelle en renfort son meilleur ami, le détective Myron Bolitar. Ils retrouvent Patrick mais Rhys reste introuvable. Peut-il encore être sauvé ? Que s’est-il passé pendant ces dix années ? Pourquoi Patrick refuse-t-il de confier ce qu’il a vécu ?

Sentinelle de la pluie

par Tatiana de Rosnay
Dans un Paris menacé par une catastrophe naturelle, la famille Malegarde se réunit pour une semaine étrange et intense. Les parents, Paul et Lauren, et les enfants, Linden et Tilia, avaient prévu de fêter les soixante-dix ans du père, un arboriste réputé. Mais les circonstances vont mener le quatuor sur des chemins périlleux. Ceux des secrets intimes et des émotions exacerbées. Une tempête de sentiments magistralement orchestrés par l’auteure à succès.

Vers la beauté

par David Foenkinos
Antoine Duris est un professeur adulé par ses étudiants aux Beaux-Arts de Lyon. Il plaque tout pour postuler à un emploi de gardien au Musée d'Orsay. La DRH de l'établissement parisien, Mathilde Mattel, quoique stupéfaite par cette candidature hors norme accepte. Antoine se retrouve dans une salle face au portrait de Jeanne Hébuterne, la muse de Modigliani, un peintre auquel il a consacré sa thèse. Antoine a coupé les ponts avec son ancienne vie. Disparu sans laisser d'adresse, il s'est abstrait du monde, sans téléphone. Mathilde pense qu'il a un secret à cacher. Il se fait néanmoins remarquer quand, par deux fois, il corrige un guide sur une erreur commise à propos de la mort de Jeanne Hébuterne. Avant de partir, il propose à Mathilde de l'accompagner dans son retour à Lyon. Celle-ci, qui n'est pas insensible au charme mystérieux de son excentrique gardien, accepte dans l'espoir de soulever le voile.

Prix Littéraires 2017

L'ordre du jour : récit

par Eric Vuillard
Par une série d'instantanés, Eric Vuillard fixe son singulier rendez-vous avec l'Histoire. La montée au pouvoir des nazis comme on ne l'a jamais lue. Nous voici d'abord projetés le 20 février 1933, un lundi de froid et de brume. Ce jour-là, vingt-quatre barons de l'industrie allemande ont rendez-vous au Reichstag, à l'invitation de son président, Goering, pour y rencontrer Hitler. Vuillard décrit le ballet des berlines noires qui s'avancent une à une dans la cour, les vingt-quatre messieurs qui successivement en sortent, puis arpentent les salons... Au terme de leur visite, les nobles messieurs verseront leur généreuse obole au parti nazi. Quelques pages plus tard, nous serons au Berg­hof, la résidence bavaroise du désormais chancelier du Reich, dans le secret d'un tête-à-tête inouï entre le dirigeant nazi et le fébrile chancelier autrichien Schuschnigg. Plus tard on partira à Londres, où, en présence de Churchill, Chamberlain reçoit à déjeuner l'ex-ambassadeur Ribbentrop, nous sommes le 12 mars 1938, l'Anschluss est en marche... Ces scènes saisissantes s'ajoutent les unes aux autres pour retracer l'inertie coupable, la succession de lâchetés, de bassesses, de compromissions qui ont mené à l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne. La démonstration d'Eric Vuillard est limpide, cinglante, implacable. Télérama

La disparition de Josef Mengele

par Olivier Guez
Lire le roman d’Olivier Guez sur la Disparition de Josef Mengele vous plonge au fil des pages dans un état d’effroi absolu. Comme si l’on vous glissait lentement dans un bain d’eau glacée. Car ce n’est pas seulement le côté monstrueux du médecin-tortionnaire d’Auschwitz qui ressort de ce livre, mais aussi les multiples complicités dont il a bénéficié tout au long de sa cavale et surtout l’incompréhensible loupé de tous ceux qui ont essayé de le capturer des années durant. Le filet de sécurité dont il a profité dans le monde entier, constitué d’hommes et de femmes apparemment «normaux», concept théorisé par Hannah Arendt avec sa «banalité du mal», donne une idée de l’ampleur de cette masse silencieuse de sympathisants à l’idéologie nazie qui ne demande qu’à s’éveiller à la première occasion. Libération

L'art de perdre

par Alice Zeniter
« Ce qu'on ne transmet pas, ça se perd, c'est tout. Tu viens d'ici mais ce n'est pas chez toi », rétorque à Naïma un artiste algérien. Née dans une famille harkie, la jeune galeriste ignore tout de l'Algérie et de l'enfance de ce père, débarqué à Marseille en 1962. Elle est juste venue récupérer les dessins d'un chantre de l'Indépendance. Et un peu d'elle-même, forcément, de ce passé kidnappé par ces grand-père et père qui ont préféré tout oublier. Dès les années 1950, l'Algérie massacra trop de ses fils au service de la France colonisatrice. Qui abandonna d'ailleurs sans remords ses « collaborateurs » : à leur arrivée, le gouvernement gaulliste parqua dans de misérables baraquements la minorité de harkis qui avait pu échapper aux représailles du FLN. Cette saga aux allures de dérisoire et sinistre épopée brasse le destin de la famille Zekkar, de 1930 à aujourd'hui, et celui d'une Algérie qu'on n'en finit pas de rejeter de ce côté-ci de la Méditerranée. Sait-elle trop notre irresponsabilité nationale et nos xénophobies ordinaires ? Ici, c'est la culpabilité mortifère de toute une communauté bannie des siens, et le silence de la honte, de la peur où elle se réfugie, qu'Alice Zeniter met en scène. Pour se libérer du fardeau qui pèse sournoisement sur elle, sur eux, Naïma enquête sur cette parentèle dont le roman croise habilement les parcours. Le patriarche, le fils, la petite-fille : trois personnages, trois époques, trois pans d'Histoire et de culture arabe et française, trois manières d'être au monde. Et de revendiquer, aussi, son statut d'homme ou de femme...

La serpe

par Philippe Jaenada
S’emparant du triple meurtre du château d’Escoire, en 1941, Philippe Jaenada dresse avec brio le portrait d’Henri Girard, l’héritier d’abord suspecté puis acquitté. Neuf ans plus tard, ce dernier connaîtra la gloire sous le pseudonyme de Georges Arnaud, avec son roman «le Salaire de la peur», adapté au cinéma.

Les mécaniques du chaos

par Daniel Rondeau
On dirait une série télévisée. Plutôt américaine. Les chapitres très courts s’enchaînent. Des personnages apparaissent, des voitures flambent, des silhouettes passent, des avions se perdent. On bouge sans cesse. On est à Taurbeil, dans le 93, au dernier étage d’un HLM d’où Patron M’Bilal, un Algérien en boubou de soie commun comme le pain d’orge, gère de son lit les stocks de cocaïne que lui procure la Libye. On se retrouve à Tripoli où Moussa, la barbe drue et le nez poudré jusqu’au menton, gonflé de poulet-frites, gavé de Somaliennes et affamé d’Ukrainiennes, songe à monnayer les mosaïques de Leptis Magna, une ruine romaine tombée entre les mains de son clan. A La Valette, on accompagne le chargé d’affaires français à l’hôpital où un réfugié somalien a été abattu dans son lit - ce qui intrigue les «services». A Sidi Bou Saïd, près de Tunis, on flirte avec un vieil archéologue qu’on retrouve à Londres en train d’écouler des statues antiques auprès d’un yuppie sexy qui tâte du marbre millénaire après de brillantes spéculations sur le rouble. Tout le monde a l’air aussi facile à acheter qu’un paquet de chewing-gum. C’est la vie, la vraie, celle dont on aperçoit des bribes aux journaux télévisés. Comme une tache d’encre bue par un buvard, des personnages disparaissent sans que cela n’empêche qui que ce soit de dormir. Paris-Match

Nos richesses

par Kaouther Adimi
C’est d’Alger, capitale d’un pays soumis depuis longtemps à l’injustice et à la violence, que s’élève la voix du narrateur principal de ce livre dont le "nous" endossé par les habitants de la ville porte tout l’héritage du peuple algérien, la somme des histoires de «ces hommes et ces femmes qui ont tenté de construire ou de détruire cette terre». Une voix ravivant les douloureuses mémoires mêlées de l’Algérie et de la France tout en évoquant par touches légères le triste bilan actuel d’un Etat corrompu sans céder pour autant à l’accablement. Au numéro 2 bis de la rue Hamani (ex-rue Charras), il existe un minuscule local annexe de la Bibliothèque Nationale d’Alger portant en vitrine l’inscription "un homme qui lit en vaut deux" et témoignant, «face à l’Histoire, la grande, celle qui a bouleversé le monde», de la petite histoire d’un jeune homme de vingt et un an, Edmond Charlot qui, avec de faibles moyens, y ouvrit en 1936 une petite librairie de prêt baptisée Les vraies richesses en hommage à Giono. Une librairie qui fut avant tout un lieu de rencontre, «un lieu pour les amis», les écrivains et les lecteurs qui aiment la littérature, les arts et les pays méditerranéens. Cet homme enthousiaste et bouillonnant d’initiatives éditoriales fut le premier éditeur de Camus et accoucha ou accompagna nombre de grands écrivains comme Jules Roy ou Emmanuel Robles. Dans ce troisième roman, Kaouther Adimi imagine que ce local a été fermé et racheté pour abriter un commerce rémunérateur de beignets - ce qui s’inscrit bien dans l’esprit d’un Etat qui «brade la culture » - et elle nous conte une histoire s’articulant autour de la naissance, de la vie et de la mort de cette librairie. Deux histoires en fait (sinon trois) mêlant la réalité à la fiction, dont l’une s’ouvre au «matin du dernier jour» et l’autre à l’aube de l’ouverture des Vraies richesses.

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