Catalogue

Nouveautés

Quelques romans...

A son image : roman

par Jérôme Ferrari
Ce somptueux roman en forme de requiem pour une photographe défunte est aussi l’occasion d’évoquer le nationalisme corse, la violence des guerres modernes et les liens ambigus qu’entretiennent l’image, la photographie, le réel et la mort.

Charlotte et moi (1) : Charlotte et moi. tome 1

par Olivier Clert
Après le divorce de ses parents, Gustave, 8 ans, déménage avec sa mère en Province. Et ça, ça ne lui plaît pas du tout à Gus. Surtout que l'immeuble dans lequel ils habitent désormais est très étrange : Charlotte, une grosse dame très bizarre, Pénélope, une chef anciennement star de télé, un appartement apparemment vide (mais qui abrite en réalité un fugitif),... Suite à un accident bête, le téléviseur de Gus se casse. Seule occupation de ses journées, observer Charlotte à travers les fenêtres. Qui est-elle ? D'après Pénélope, Charlotte aurait "manqué d'air à la naissance". Est-ce cela qui la rend si étrange ? Après quelques péripéties, Gus décide de fuguer pour retrouver son père à Paris. Le fugitif décide de s'enfuir. Et Charlotte veut retrouver ses parents, a priori perdus dans la capitale. C'est le début d'un voyage périlleux et plein de quiproquos.

En camping-car

par Ivan Jablonka
« Soyez heureux ! » rugit le père au volant du camping-car cet été 1986. Il lui est insupportable que ses fils n’admirent pas ce désert marocain, ne profitent pas de ces aventureuses vacances qu’il leur offre, avec leur mère. Eux n’ont pas eu leur chance. Lui, surtout, dont les parents ont été assassinés à Auschwitz, qui a grandi dans les institutions réservées aux orphelins de la Shoah, dirigées par la Commission centrale de l’enfance, une organisation juive communiste. Cette injonction au bonheur qu’il n’a pas connu, et qui devient ici acte de résistance, revanche face à la tragédie de ses aïeux, le père de l’historien Ivan Jablonka la concrétisera avec famille et amis chaque été de la décennie 1980. De Corse en Turquie, du Portugal en Italie, de la Grèce au Maroc ou en Sicile. Une manière joyeuse et toujours culturelle de combler les disparitions, les absences et silences sur lesquels ne cessera d’écrire pourtant, et superbement, le fils. A jamais « enfant-Shoah », comme dit de lui Ivan Jablonka, 44 ans. Le camping-car Volkswagen de ses jeunes années est à la mode, sorti des usines allemandes qu’a ressuscitées le plan Marshall, en osmose avec le goût populaire tout neuf des vacances et du plein air ; et en écho à l’éternel exil, du cosmopolitisme forcé des ancêtres. Le camping-car comme métaphore d’une culture, d’un peuple. D’une exigence d’ouverture, de curiosité aussi, et d’une époque en mouvement. Jablonka érige sur le combi Volkswagen une vraie mythologie à la Roland Barthes.

La soutenable légéreté de l'être

par Eléonore Costes
Eléonore, que tout le monde appelle Lolo, pleure matin, midi et soir. Elle n’y peut rien, elle broie du noir en permanence, ne voit que le verre à moitié vide, ne perçoit que l’angoisse qui l’étreint en permanence. Elle souffre, c’est sûr, mais ne sait pas de quoi. Du ventre, c’est sûr. Certainement d’autre chose, aussi. « Moi j’avais la même chose à son âge, toujours mal quelque part ; mais au final c’était toujours psychosomatique », assène sa mère. Lolo, 30 ans, célibataire, se pose aussi plein de questions sur sa vie, la direction qu’elle prend, la solitude qui l’étreint. Gobe des petites pilules, qui ne semblent pas éteindre ses douleurs. Et puis un jour, elle s’évanouit, se réveille à l’hôpital, où l’on prend enfin son mal au sérieux. Non, tout n’est pas dans sa tête : la jeune femme doit se faire opérer de l’appendicite...

Les beaux étés (3) : Mam'zelle Estérel : 1962

par Zidrou
P epette fulmine ! Mamzelle Esterel, la 4L qui l'a accompagnée durant toute sa jeunesse, va être vendue ! La magnifique auto rouge avait été offerte par les parents de Mado en ’62. Cette année-là justement, Henri, un tantinet cardiaque et Yvette accompagnée de son fidèle routard seront de la partie pour le voyage. L’un est affable et adorable, tandis que l'autre semble plutôt tenir du dragon. Six personnes fourrées dans l'auto et en voiture Simone ! Cette année, pas de plage mais plutôt les églises de Saint-Etienne, recommandées par le guide de la grand-mère. Les vacances risquent d’être encore animées ! Zidrou garde la recette des épisodes précédents : un judicieux assemblage de petits riens qui font le sel de la vie. Placé sous le signe du rapport générationels, l’album est un méli-mélo de mots d’enfants, de blagues d’adultes et de musiques d’époque qui forment au final un tout cohérent. Le scénariste apporte un soin particulier aux dialogues tour à tour frais, tendres et insolents, voire un savant mélange des trois.

Leurs enfants après eux : roman

par Nicolas Mathieu
Au centre il y a un lac, immobile et huileux, plombé de chaleur. L’été, tous les chemins y convergent. Autour il y a la ville ou ce qu’il en reste, rouillée, déchue, perdue à l’ombre délétère des hauts fourneaux éteints. Anthony a 14 ans quand s’ouvre le roman, qui le suit au plus près quatre étés durant, 1992, 1994, 1996, 1998, pris au piège dès la sortie de l’enfance dans les barbelés d’une vie sans échappatoire. Celle d’un gosse jamais heureux à l’école, rejeton d’une famille cassée net par le licenciement du père. Le roman raconte ainsi des vies comme des brouillons, Anthony et son entourage, son père et sa mère, Steph, cet amour qui sans cesse lui échappe et se refuse, Hacine, Clem. Toute une série de faux départs, de rêves encalminés, de projets noyés dans la poisse, l’alcool et la résignation sociale. Tous rêvent de foutre le camp, peu y parviennent, les hiérarchies sociales jouant à plein, la plupart condamnés à mener une existence semblable à celle de leurs pères, comme une foutue malédiction. La trame est sombre, mais le roman ne l’est pas. Télérama

Tenir jusqu'à l'aube : roman

par Carole Fives
Une jeune mère célibataire s'occupe de son fils de deux ans. Du matin au soir, sans crèche, sans famille à proximité, sans budget pour une baby-sitter, ils vivent une relation fusionnelle. Pour échapper à l'étouffement, la mère s'autorise à fuguer certaines nuits. À quelques mètres de l'appartement d'abord, puis toujours un peu plus loin, toujours un peu plus tard, à la poursuite d'un semblant de légèreté. Comme la chèvre de Monsieur Seguin, elle tire sur la corde, mais pour combien de temps encore?

Un million de minutes : comment j'ai exaucé le souhait de ma fille et trouvé le bonheur en famille

par Wolf Küper
C’est une histoire vraie. Nina, quatre ans, est fâchée avec le temps. Dans le quotidien, elle est très lente et souvent elle n’y arrive pas du tout. Les médecins parlent de “spéci?cités com-portementales et cognitives”. Débordant de vie, de rêves et d’imagination, elle est l’héroïne attachante de ce livre. Lorsque Nina dit à son père : "J’aimerais avoir un million de minutes avec toi", c’est le déclic. Sa mère et son père quit tent leurs carrières professionnelles, vendent tous leurs biens et voyagent pendant deux ans (c’est ça, un million de minutes !) dans des pays qui permettent une grande liberté et la vie en plein air : la Thaïlande, l’Australie et la Nouvelle- Zélande. Même le frère de Nina, Mister Simon, six mois, est de la partie : cha-cun peut en?n vivre à son rythme et explorer l’essentiel de la vie. Raconté par le père, ce récit drôle, émouvant et ensoleillé du voyage est aussi celui du cheminement intérieur de la famille face à la di?érence de Nina. Paysages féeriques, autochtones singuliers, amis étranges, fêtes, dangers, kangourous, crabes et chiens volants… le tout mis en musique par la petite voix in-solite de Nina !

4 3 2 1

par Paul Auster
Paul Auster publie "4 3 2 1" (Actes Sud), un roman monumental qui met en scène la vie d'un garçon d'origine juive né en 1947. Auster y inaugure un dispositif narratif inédit en déclinant 4 scénarios possibles pour son personnage, dont la somme dessine un portrait d'une grande profondeur, l'histoire des Etats-Unis en toile de fond. "4 3 2 1" est un roman exceptionnel.

Balles perdues

par Jennifer Clement
On peut raconter de diverses manières la violence engendrée par la vente libre des armes aux Etats-Unis, les journalistes et les auteurs ne s’en privent pas qui explorent encore et encore ce qui nous paraît inconcevable en Europe, cette frénésie, cette folie qui gagnent une certaine partie de la population américaine dès lors que l’on touche au deuxième amendement de la Constitution. Mais cette violence-là sous forme de conte, on ne l’avait encore jamais lue. Oui, un vrai conte, avec une princesse et un Grand Méchant Loup, ou presque. C’est la prouesse réalisée par l’Américaine Jennifer Clement avec Balles perdues, un roman qui nous entraîne dans un monde de douceur et d’innocence que les hommes - au sens de l’humanité, même si le mal est ici essentiellement représenté par des hommes - finissent par briser en mille morceaux. Il était une fois deux princesses, Margot et sa fille, Pearl... Libération

Bonjour tristesse

par Frédéric Rébéna
1954, Cécile, lycéenne parisienne passe l’été de ses dix-sept ans dans une villa avec son père Raymond, veuf, et Elsa, la maîtresse de ce dernier. Cécile et son père ont une relation fusionnelle, faite de plaisirs et d’insouciance. Cécile connaitra ses premières étreintes avec Cyril. L’ambiance change quand Raymond annonce l’arrivée d’Anne, une amie. Différente d’Elsa et Cécile, Anne est une femme stricte et moralisatrice, elle apprécie la culture, les bonnes manières et l’intelligence. Dès son arrivée, un combat subtil commence entre les trois femmes. Elsa tente de maintenir la relation avec Raymond, qui est aussi attiré par Anne. Quant à Cécile, elle craint de perdre la complicité qui la lie à son père, ainsi que leurs libertés. Comment écarter la menace ? Dans la pinède embrasée, un jeu cruel se prépare…

Changer l'eau des fleurs

par Valérie Perrin
Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se réchauffer dans sa loge où rires et larmes se mélangent au café qu'elle leur offre. Son quotidien est rythmé par leurs confidences. Un jour, parce qu'un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son carré de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l'on croyait noires, se révèlent lumineuses. Après l'émotion et le succès des Oubliés du dimanche, Valérie Perrin nous fait partager l'histoire intense d'une femme qui, malgré les épreuves, croit obstinément au bonheur. Avec ce talent si rare de rendre l'ordinaire exceptionnel, Valérie Perrin crée autour de cette fée du quotidien un monde plein de poésie et d'humanité. Un hymne au merveilleux des choses simples.

Chien-loup

par Serge Joncour
Embusquée, la sauvagerie est toujours prête à surgir. Dans l’ombre du chien qui se méfie des bipèdes et refuse ­d’entrer dans leurs maisons. Chez cet homme du xxie siècle qui ne fait confiance qu’à son téléphone portable. Ou près du dompteur réfugié avec ses fauves dans la montagne, pendant la guerre de 1914-18. Serge Joncour les a rassemblés dans un coin paumé du Lot, croisant les époques pour mieux faire comprendre que l’homme est et reste un loup pour l’homme, et que l’histoire n’est qu’un éternel recommencement. Le narrateur débute son roman une nuit d’été 1914, dans le hurlement des bêtes qui descendent des collines. ­Demain, on sonnera le tocsin et tous les hommes partiront, promettant de botter le cul des Allemands en deux temps, trois mouvements. Le deuxième chapitre file en 2017, avec Lise et Franck. Elle est comédienne sans travail, il est producteur de cinéma. Elle rêve de calme dans un gîte perdu. Il sent venir, tel un cauchemar récurrent, l’absence de connexion WiFi.

Dans la combi de Thomas Pesquet

par Marion Montaigne
Si Thomas Pesquet m’était conté : Marion Montaigne (Tu mourras moins bête) a reconstitué le parcours qui a mené le spationaute français des cockpits des avions de ligne aux commandes de la SSI, la Station spatiale internationale. Une enquête minutieuse, nourrie d’observations in situ (la dessinatrice a suivi son entraînement aux Etats-unis, en Europe et en Russie), moins biographique cependant que scientifique. Sous son crayon, le « héros national », l’« envoyé spatial », le chouchou des médias passe au second plan. Marion Montaigne s’intéresse surtout à cette étonnante mutation génétique, cette anomalie que représente « l’homme de l’espace ». Comment, au nom d’un rêve d’enfant — aller dans les étoiles —, une poignée d’individus sensés et instruits est prête à tous les sacrifices. Sélection épouvantable, formation dantesque aux accents kafkaïens, vie personnelle réduite à néant, pression et concurrence de tous les instants : l’existence de ces cadets de l’espace tient davantage du « torture test » que de l’épopée cosmique. Génie de la synthèse et de la transmission, Montaigne parvient comme à son habitude à rendre simple et appétissante une énorme masse de données Télérama

Globules et conséquences : petite histoire d'une leucémie

par Catherine Pioli
La vie de Catherine, illustratrice, bascule le jour où on lui diagnostique une leucémie aiguë : une forme de cancer très grave qui s’attaque au système immunitaire. Elle qui n’avait jamais été vraiment été hospitalisée se retrouve alors propulsée dans le monde des grands malades et découvre la vie en hôpital. C’est un véritable parcours du combattant qui s’annonce... Les analyses, l’attente des résultats, les séances de soin, le corps qui se transforme, la perte des cheveux, ses relations avec le corps médical, le soutien de son compagnon et de ses proches, le retour à la vie normale, le regard des autres... En textes et en dessins, elle décide de raconter l’impact que la maladie a eu sur sa vie avec une grande sincérité, et surtout beaucoup de recul et d’humour. Avec elle, on vit l’attente, les doutes, la peur, les pleurs... mais on écoute aussi et surtout les rires, l’amour et la volonté de vivre. Rarement on avait raconté la maladie avec une telle lucidité. Globules & conséquences est un livre d’une grande force, riche en émotions, mais qui ne verse jamais dans le pathos. Un livre qui montre qu’on peut être léger et profond à la fois. Catherine Pioli ne survivra malheureusement pas à la maladie. Malgré tout, le testament qu’elle nous livre est plein d’humanité et d’espoir.

Helena

par Jérémy Fel
Au fin fond du Kansas, une pin-up croise un psychopathe. Un conte sanglant et réjouissant vivifié par les clichés d’une Amérique de cinéma. Le lecteur ne passe pourtant pas son temps à chercher les citations, plongé qu’il est dès la première page dans une fiction familiale horrifique. Un conte de fées sanglant pour grandes personnes. Pas question de bouder son plaisir quand on croise Norma qui, telle une héroïne de Desperate Housewives, rêve d’un destin de mini miss pour sa gamine décorée comme un arbre de Noël. Norma pourrait demeurer une vraie nunuche s’empiffrant de gâteaux dans un salon de thé, mais elle a aussi deux fils, dont Tommy, un psychopathe qu’on découvre d’emblée en train d’égorger un chien. Puis viendra Hayley, autre héroïne élevée au maïs de qualité, jolie fille amoureuse de son iPhone et d’un benêt qui la rend dingue. La pin-up croisera, évidemment, Tommy le zombie au fin fond du Kansas... Télérama

Horizontale : Journal d'une grossesse allongée

par Zidrou
Sybil est enceinte. Elle en avait rêvé. Mais un problème de santé l'oblige à passer toute sa grossesse couchée. A l'horizontale. Sybil se prépare à une longue épreuve de confrontation à l'ennui et à l'immobilisme. Ce qui l'attend est pourtant un fascinant voyage, aux frontières de l'imaginaire et du réel.

Khalil

par Yasmina Khadra
Vendredi 13 novembre 2015. L'air est encore doux pour un soir d'hiver. Tandis que les Bleus électrisent le Stade de France, aux terrasses des brasseries parisiennes on trinque aux retrouvailles et aux rencontres heureuses. Une ceinture d'explosifs autour de la taille, Khalil attend de passer à l'acte. Il fait partie du commando qui s'apprête à ensanglanter la capitale. Qui est Khalil ? Comment en est-il arrivé là ? Dans ce nouveau roman, Yasmina Khadra nous livre une approche inédite du terrorisme, d'un réalisme et d'une justesse époustouflants, une plongée vertigineuse dans l'esprit d'un kamikaze qu'il suit à la trace, jusque dans ses derniers retranchements, pour nous éveiller à notre époque suspendue entre la fragile lucidité de la conscience et l'insoutenable brutalité de la folie.

La boîte de Pandore

par Bernard Werber
René Toledo, professeur d’histoire, assiste à un spectacle d’hypnose au cours duquel il est choisi dans le public pour participer à une séance. Il se retrouve alors projeté dans ses vies précédentes et se demande s’il peut influer sur les événements.

La disparition de Stéphanie Mailer

par Joël Dicker
On se situe aux États-Unis sur la côte est, dans une petite ville non loin de New-York, et les habitants de la ville seront confrontés à une histoire passée qui rejaillit pour amener à une enquête policière et une enquête réalisée par les habitants eux-mêmes. Des destins et des univers différents vont se croiser, certaines histoires seront parallèles tout le long pour se rejoindre à la fin, et enfin on découvrira le dénouement. Un style propre à l'auteur suisse de 32 ans qu'on aime et qui nous rend dépendant de ses écrits. Marie-Claire

La saga de Grimr

par Jérémie Moreau
La Saga de Grimr se déroule en Islande, à la fin du XVIIIe siècle, quelques années avant la plus importante éruption volcanique de l’histoire. On y suit le destin d’un jeune orphelin prénommé Grimr, doté d’une force herculéenne, qu’un voleur de grand chemin a pris sous son aile. Accusé de meurtre, il devra lutter contre le pire déshonneur qui soit au pays des sagas : la mauvaise réputation -celle de troll en l’occurrence. Porté par un souffle romanesque indéniable, ce récit au long cours (220 pages) vaut aussi pour la beauté magnétique de ses pages. Mariant l’aquarelle à la palette graphique, le dessinateur y magnifie les paysages de l’île de l’Atlantique nord par la grâce de variations chromatiques rappelant parfois le peintre britannique David Hockney. A la manière d’un Lorenzo Mattotti, Jérémie Moreau fait ici la démonstration qu’une certaine picturalité n’est pas interdite en bande dessinée.

La vraie vie

par Adeline Dieudonné
Stephen King, sors de ce corps ! La narratrice a 10 ans. Son petit frère Gilles en a 6. Elle et sa mère se prennent des roustes de la part du père, brute épaisse qui collectionne les trophées de chasse dans « la chambre des cadavres ». Une hyène empaillée, mais aux yeux terriblement vivants, complète le tableau. « La Vraie Vie » est un livre terrifiant et captivant, un roman à vif, libre d’une exceptionnelle inventivité avec, séquence culminante, une haletante traque en forêt. Mais c’est aussi une bouleversante histoire d’amour fraternel. Le Parisien

Les bourgeois : roman

par Alice Ferney
Les Bourgeois, avec un grand B : c’est un nom propre. Alice Ferney aurait-elle cédé aux vieilles sirènes de la saga familiale, genre romanesque si français ? Non. Parce que de romanesque on n’en trouvera guère, dans cette fresque qui suit dix enfants, huit frères et deux sœurs, tous nés entre 1920 et 1940. Intrigues, remariages, amours parallèles, on s’en moque. En revanche, on explore avec une rigueur presque scientifique ce qui fait une époque, ce qui meut ces élites qui seront tour à tour pétainistes, colonialistes, anti-pilule et anti-avortement, crispées sur des valeurs qu’elles ont d’autant moins de raison de remettre en cause qu’elles les rendent finalement plutôt heureuses. Brassant la chronologie, écrivant dans une langue superbement classique, Alice Ferney dégage les lignes de force de ces destins figés dans une rectitude morale qui les mène à la fois aux réussites officielles et aux pires erreurs. Télérama

Les disparus de la lagune

par Donna Leon
Le commissaire Brunetti, surmené par des dossiers compliqués, s’offre une retraite solitaire dans une superbe villa de l’île de Sant’Erasmo, loin de sa femme Paola et de son patron. Il a bien l’intention d’y passer ses journées à ramer sur la lagune vénitienne et à déguster des plats locaux. Mais soudain, le paradis vire au cauchemar quand le gardien de la villa, Davide Casati, disparaît lors d’un violent orage. Personne, pas même la femme qu’il rencontrait le soir en secret, ne sait où il se trouve. Brunetti prend aussitôt l’affaire en main, ignorant que son enquête va le mener à rouvrir d’anciennes blessures et à révéler des secrets scandaleux dissimulés depuis des années dans les brumes de la lagune.

Les prénoms épicènes

par Amélie Nothomb
A Brest, la jeune Dominique est courtisée en vain par Claude, dont elle n’est pas amoureuse. Elle change d’avis le jour où il lui offre un flacon de Chanel N°5 et accepte sa demande en mariage. Ensemble, ils s’installent à Paris. Prenant conscience qu’ils portent des prénoms épicènes -qui ne sont d’aucun genre-, ils baptisent l’enfant qu’ils ont longtemps attendu Épicène. Mais Claude n’aime pas sa fille...

L'été de nos vingt ans

par Christian Signol
On connait les clés de ce succès : la célébration de la nature, d'une France rurale et d'un bonheur simple aujourd'hui perdus. Au rythme sûr et paisible du paysan, Christian Signol trace, de livre en livre, le même sillon mais sait aussi se renouveler. C'est encore le cas avec L'été de nos vingt ans, paru le 26 septembre 2018. Le livre raconte une flamboyante histoire d'amitié et d'amour dans les paysages enchanteurs de la Dordogne que la guerre, celle de 39-45, va bouleverser. Deux amis, Antoine et Charles, l'été de leurs 20 ans, tombent amoureux, de la même fille, la belle Séverine. Cette dernière choisit Charles. Pas de quoi mettre à mal l'amitié des deux garçons. Quand la guerre éclate, ils partent à Londres s'engager dans le SOE, le service secret créé par Churchill pour soutenir la Résistance. Un combat que Christian Signol avait à coeur de raconter car son père s'est lui-même engagé au SOE.

L'été en pente douce

par Pierre Pelot
"Dans un coin de campagne, durant un été caniculaire, des tensions masculines s'exacerbent autour d'une jeune femme ingénue et sexy. Une bonne adaptation du roman de Pelot, par Pelot lui même et le dessin lumineux de Chauzy."

Lumière noire : roman

par Lisa Gardner
472 jours : c'est le temps qu'a passé Flora aux mains de son bourreau. 472 jours plongée dans un abîme de ténèbres, à n'espérer qu'une chose : survivre.Sortie miraculeusement de cette épreuve, elle cherche depuis à retrouver une existence normale. Pourtant, les murs de sa chambre sont tapissés de photos de filles disparues.Quand, à la recherche de l'une d'elles, Flora se fait de nouveau kidnapper, le commandant D.D. Warren comprend qu'un prédateur court les rues de Boston, qui s'assurera cette fois que Flora ne revoie jamais la lumière...Après le succès du Saut de l'ange, Lisa Gardner, l'un des grands noms du thriller psychologique, se met dans la peau d'une femme pourchassée par son passé, dans une enquête qui nous confronte aux plus insoupçonnables déviances humaines.« À ne manquer sous aucun prétexte. »Harlan Coben

Nous étions seulement des enfants : Une vie pour vivre, une vie pour se souvenir

par Rachel Jedinak
Née en 1934, arrêtée lors de la rafle du Vel’d’hiv, elle parvient à s’échapper de la Bellevilloise puis du commissariat du XXe. Elle est cachée tout au long de la guerre, notamment à Château-Renault. "« Pendant longtemps, pour se souvenir des nombreux enfants qui n’ont pas pu grandir, il n’y avait rien. Rien pour dire qu’ils avaient été tués parce que nés juifs, ni même pour dire qu’ils avaient vécu, qu’ils avaient ri, joué et pleuré… Comme s’ils n’avaient jamais été là. » Rachel Jedinak a survécu à la première rafle du Vél’d’Hiv, en juillet 1942. Ses voisins, ses cousines ou ses camarades de classes, eux, n’ont pas eu sa chance. Après s’être battue pendant des années pour faire apposer, dans les écoles, collèges et lycées, des plaques aux noms de ces élèves oubliés, elle leur rend ici un dernier hommage."

Phénomènes naturels

par Jonathan Franzen
Dans un deuxième roman intitulé Phénomènes naturels, publié à l’origine en 1992, Jonathan Franzen raconte les conséquences d’un tremblement de terre de faible magnitude, dans la région de Boston, sur une famille de "WASP". Frère et soeur. Quand ils étaient des enfants unis par la même cause, dans la maison d'Ipswich du grand-père maternel, ils jetaient des cailloux sur les chevaux pour les sauver d'eux-mêmes. Ils avaient l'impression que l'immobilité des bêtes les condamnait à une mort certaine. Ont-ils vraiment changé? Eileen et Louis Holland. Ils ont une vingtaine d'années chacun et se lancent des pierres pour réveiller leur lien inexistant. La soeur intime au frère : "Détendons-nous. Soyons adultes." Ils sont aujourd'hui trop âgés pour réussir à devenir un jour des adultes. Phénomènes naturels, publié aux Etats-Unis en 1992, est le deuxième roman de Jonathan Franzen. Il n'a cessé d'y revenir car tout y est en germe. La famille et la politique. L'humour et la férocité. Des vies avec soulèvements et effondrements psychiques aux antipodes des fluides glacés de la production et de la consommation marchandes. "La joie ne vaut pas grand-chose si on vous l'impose."

Prix Littéraires 2018

Leurs enfants après eux : roman

par Nicolas Mathieu
Au centre il y a un lac, immobile et huileux, plombé de chaleur. L’été, tous les chemins y convergent. Autour il y a la ville ou ce qu’il en reste, rouillée, déchue, perdue à l’ombre délétère des hauts fourneaux éteints. Anthony a 14 ans quand s’ouvre le roman, qui le suit au plus près quatre étés durant, 1992, 1994, 1996, 1998, pris au piège dès la sortie de l’enfance dans les barbelés d’une vie sans échappatoire. Celle d’un gosse jamais heureux à l’école, rejeton d’une famille cassée net par le licenciement du père. Le roman raconte ainsi des vies comme des brouillons, Anthony et son entourage, son père et sa mère, Steph, cet amour qui sans cesse lui échappe et se refuse, Hacine, Clem. Toute une série de faux départs, de rêves encalminés, de projets noyés dans la poisse, l’alcool et la résignation sociale. Tous rêvent de foutre le camp, peu y parviennent, les hiérarchies sociales jouant à plein, la plupart condamnés à mener une existence semblable à celle de leurs pères, comme une foutue malédiction. La trame est sombre, mais le roman ne l’est pas. Télérama

Ca raconte Sarah : roman

par Pauline Delabroy-Allard
Ca raconte Sarah, sa beauté mystérieuse, son nez cassant de doux rapace, ses yeux comme des cailloux, verts, mais non, pas verts, ses yeux d'une couleur insolite, ses yeux de serpent aux paupières tombantes. a raconte Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre, ça raconte le moment précis où l'allumette craque, le moment précis où le bout de bois devient feu, où l'étincelle illumine la nuit, où du néant jaillit la brûlure. Ce moment précis et minuscule, un basculement d'une seconde à peine. a raconte Sarah, de symbole : S.

Le lambeau

par Philippe Lançon
Revenu d’entre les morts après le massacre de Charlie Hebdo, le journaliste Philippe Lançon raconte sa douleur et sa métamorphose.

Le sillon

par Valérie Manteau
Le roman lui a valu le prix Renaudot, décerné le 7 novembre: dans “Le Sillon” Valérie Manteau entreprend de raconter la vie de Hrant Dink, journaliste turco-arménien assassiné. Puis son récit dérive, et l’auteure narre sa propre errance dans Istanbul, une ville en déshérence. Les Inrockuptibles

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