Catalogue

Nouveautés

Quelques romans...

9 (1) : C'est arrivé la nuit

par Marc Levy
Ils sont hors-la-loi Mais ils oeuvrent pour le bien Ils sont amis et partagent leurs secrets Pourtant ils ne se sont jamais rencontrés Jusqu’au jour où.. C’est arrivé la nuit Le premier tome de la série 9.

La vengeance m'appartient

par Marie Ndiaye
Une avocate trop désireuse de bien faire, un infanticide, un Sud-Ouest sans lumière… Dans son nouveau roman, l’écrivaine dit merveilleusement l’obscure épaisseur qui régit chacun. La merveilleuse langue de Marie Ndiaye sinueuse, inventive, complexe et subtile , nous entraine sous la surface des mots et nous donne à percevoir une autre réalité que celle , apparemment banale , qui est décrite . Maitre Suzanne a quitté un cabinet d'avocats prospère à Bordeaux pour s'établir à son compte à une adresse prestigieuse. Mais les clients ne se bousculent pas. Alors elle ment à ses parents , qui , d'origine modeste, ont toujours eu de grandes ambitions pour elle. Mais un jour une affaire importante lui est proposée: celle d'une femme qui a tué ses trois jeunes enfants. C'est le mari éploré qui la sollicite , un homme en qui elle est certaine de reconnaitre l'adolescent qui , lorsqu'elle avait 10 ans a changé sa vie lors d'une journée dont elle garde un souvenir flou , à la fois enchanté et vaguement terrifiant. Avec cette rencontre , et alors même que cet homme ne semble pas la reconnaitre , la vie apparemment ordonné de Maitre Suzanne va être violemment bouleversée "La vengeance m'appartient" dernier roman de Marie Ndiaye paru chez Galimard, nous agrippe dés les premières lignes et ne cesse de nous chambouler sans que nous ne parvenions à nommer clairement les émotions qu'il fait naitre en nous. Car, comme chez Kafka à qui l'on ne cesse de penser, il y a des histoires secrètes qui affleurent sous l'histoire qui nous est racontée ici . La merveilleuse langue de Marie Ndiaye sinueuse, inventive, complexe et subtile , nous entraine sous la surface des mots et nous donne à percevoir une autre réalité que celle , apparemment banale , qui est décrite .

Les roses de la nuit

par Arnaldur Indridason
"Les Roses de la nuit" est le quatorzième roman traduit en français de cet auteur islandais, Arnaldur Indridason, consacré à son héros, Erlendur Sveinsson, mais la version originale date de 1998.En France, les aventures du fameux commissaire de police de Reykjavik ont commencé avec La Cité des jarres, publié en 2005. Mais il s’agissait du troisième volume de la série. Avant, il y avait eu Les Fils de la poussière, traduit l’an dernier. Et aujourd’hui, voici donc enfin le deuxième, Les roses de la nuit. Tout au long de la série, Indridason va enrichir son personnage, désormais célèbre dans le monde entier. Mais tous les éléments sont déjà là qui font de cet homme une sorte de reflet de l’âme islandaise. Erlendur, la cinquantaine, est profondément ancré dans les paysages, l’histoire, les valeurs traditionnelles de son pays. Il est né dans les fjords de l’est, c’est un paysan, peu à l’aise avec la ville et la modernité. Il regrette le passé, et traîne sa mélancolie dans les rues de Reykjavik où il est venu s’installer comme nombre d’Islandais. C’est aussi un solitaire, il a quitté sa femme qui l’a tenu loin de ses enfants, avec lesquels il a de graves problèmes. Sa fille se drogue et son fils boit.

Solitudes

par Niko Tackian
Elie Martins est garde nature dans le massif du Vercors. Il y a douze ans, une blessure par balle l’a laissé totalement amnésique. Depuis, il s’est reconstruit une vie dans cette région aux hivers impitoyables, aux brumes si opaques qu’elles vous égarent en deux pas. Alors qu’une tempête de neige s’abat sur le Vercors, des traces étranges mènent Élie jusqu’à l’« arbre taillé », un pin gigantesque dressé comme un phare au milieu de l’immensité blanche. Une femme nue est pendue à ses branches. Cette macabre découverte anime quelque chose sur la toile vierge des souvenirs d’Élie. Douze années...ça fait douze ans qu’Elie est devenu amnésique suite à une blessure par balle,et c’est dans ce massif aux hivers rudes qu’il s’est reconstruit. Mais comme souvent,le passé nous rattrape et il a rattrapé Elie.

Une rose seule : roman

par Muriel Barbery
Née en France d’une mère qui a quitté son père japonais qu’elle n’a du coup jamais rencontré, Rose est une jeune femme à la mélancolie profonde. Un jour, elle reçoit un message et un billet d’avion pour Kyoto, la ville aux mille temples, où son père, apprend-elle, vient de décéder. Elle y est attendue par un exécuteur testamentaire, dénommé Paul. Commence alors pour Rose le cheminement vers une renaissance autant inespérée qu’improbable, au monde, et à elle-même. Une rose seule, de Muriel Barbery, est paru aux éditions Actes Sud le 19 août 2020. Remplis de mots à l'ordonnancement tout en finesse, les chapitres s’ouvrent et se referment sur de courts contes orientaux qui guident le parcours de Rose, qui ne semble d’abord trouver aucun sens à ce qui lui arrive. La jeune femme, botaniste, navigue de temple bouddhiste en jardin zen, s’échappant de la laideur de certains lieux kyotoïtes, selon une mise en scène voulue par son père, guidée par le mystérieux Paul. De fleurs en pierres, de minéralité en ivresses, elle progresse pas à pas, sans savoir vers quoi ni vers qui.

Et la peur continue

par Mazarine Pingeot
Et la peur continue, le nouveau roman de Mazarine Pingeot, raconte l’histoire d’une quadragénaire, Lucie, happée par une peur intérieure inexpliquée. Un roman dans lequel la vie d’une mère de famille est bousculée quand la mémoire laisse remonter à la surface des évènements enfouis au plus profond d’elle-même : "Son rapport au réel commence à se dissoudre, c’est un peu l’histoire d’une dépression, qui va chercher effectivement dans l’enfance, dans cette matière-là qui nous construit ou nous déconstruit lorsqu’il y a eu du trauma", précise l’auteure. C'est un livre sur les fêlures de l’enfance que l’on dissimule lorsque l’on devient adulte : "Oui, c’est à la fois, un livre sur la difficulté de parler (…) et ces blessures qui sont comme des cancers lorsqu’elles ne sont pas énoncées et qui finissent par vous rattraper (…) Et puis c’est aussi un livre sur l’imminence de la catastrophe". Mais l’écrivaine analyse aussi en parallèle notre époque : "Celle de la peur", où on se promène dans la rue et voit des militaires armés ou encore le flot d’informations anxiogènes délivré par les médias.

Eugène et moi

par Katherine Pancol
Elles n'ont rien en commun, si ce n'est une féroce envie d'indépendance. Elles vont pourtant se lancer ensemble dans une aventure qui les mènera de Paris au Mexique puis à Saint-Tropez. De chaos en cahots, elles vont apprendre à devenir celles qu'elles ont envie d'être. Katherine, la blonde et Eugène, la rousse n'ont rien en commun sauf leur vingt ans et un mot d'ordre : « sans risque la vie est trop triste ». À l'affût des moindres surprises de la vie, Eugène initie Katherine à la liberté la plus radicale. On tremble, on rit, on court derrière elles de Mexico à Paris et de Paris à Saint-Tropez en plein coeur des années 70. Dans ce feuilleton illustré aussi trépidant que la cavale de Thelma et Louise, Katherine Pancol distille des souvenirs très personnels de sa jeunesse. À travers la folle énergie de ses personnages, s'affirment les convictions de cette grande romancière du féminin.

L'accident de chasse

par David L. Carlson
Chicago, 1959. Charlie Rizzo, qui vient de perdre sa mère, doit emménager avec son père aveugle. Pour le jeune garçon, l'histoire est limpide : Matt Rizzo a perdu la vue à la suite d'un accident de chasse, comme il le lui a toujours raconté. Mais le jour où un policier sonne à leur porte, Matt choisit de révéler à son fils la partie immergée de son passé, et la véritable raison de sa cécité : un vol à main armé qu'il a commis des années plus tôt, alors qu'il fréquentait la mafia de Chicago... Roman graphique en noir et blanc à la puissance expressive sans pareille, tiré de faits réels, L'Accident de chasse est une ode bouleversante à la rédemption et aux pouvoirs sans limites de la littérature.

La commode aux tiroirs de couleurs

par Olivia Ruiz
À la mort de sa grand-mère, une jeune femme hérite de l'intrigante commode qui a nourri tous ses fantasmes de petite fille. Le temps d'une nuit, elle va ouvrir ses dix tiroirs et dérouler le fil de la vie de Rita, son Abuela, dévoilant les secrets qui ont scellé le destin de quatre générations de femmes indomptables, entre Espagne et France, de la dictature franquiste à nos jours.La commode aux tiroirs de couleurs signe l'entrée en littérature d'Olivia Ruiz, conteuse hors pair, qui entremêle tragédies familiales et tourments de l'Histoire pour nous offrir une fresque romanesque flamboyante sur l'exil.

La vie est belle et drôle à la fois

par Clarisse Sabard
Léna est architecte d'intérieur à Nice. A Noël, période qu'elle déteste, elle travaille encore plus. Mais cette année lui réserve des surprises : sommée par sa mère de retourner dans son village natal pour y passer Noël en famille, Léna découvrira en arrivant que sa mère a bel et bien disparu. Cependant, elle retrouvera son frère en instance de divorce, sa nièce en crise d'adolescence aïgue, son oncle à la carrière un peu spéciale, sa grand-mère totalement déjantée et de douloureux souvenirs enfouis ainsi que son ancien amour de jeunesse...ça fait beaucoup tout ça !

Le livre de M

par Peng Shepherd
Que seriez-vous prêt à sacrifier pour vous souvenir ? Un jour, en Inde, un homme perd son ombre - un phénomène que la science échoue à expliquer. Il est le premier, mais bientôt on observe des milliers, des millions de cas similaires. Non contentes de perdre leur ombre, les victimes perdent peu à peu leurs souvenirs et peuvent devenir dangereuses.En se cachant dans un hôtel abandonné au fond des bois, Max et son mari Ory ont échappé à la fin du monde tel qu'ils l'ont connu. Leur nouvelle vie semble presque normale, jusqu'au jour où l'ombre de Max disparaît... Situé dans une Amérique tombée de son piédestal, où nul n'échappe au danger, Le Livre de M raconte l'incroyable destin de gens ordinaires victimes d'une catastrophe mondiale extraordinaire.Peng Shepherd est américaine. Le livre de M, récompensé par le Neukom Award 2019, est son premier roman.

Les refuges

par Jérôme Loubry
Installée en Normandie depuis peu, Sandrine est priée d'aller vider la maison de sa grand-mère, une originale qui vivait seule sur une île minuscule, pas très loin de la côte. Lorsqu'elle débarque sur cette île grise et froide, Sandrine découvre une poignée d'habitants âgés organisés en quasi autarcie. Tous décrivent sa grand-mère comme une personne charmante, loin de l'image que Sandrine en a. Pourtant l'atmosphère est étrange ici. En quelques heures, Sandrine se rend compte que les habitants cachent un secret. Quelque chose ou quelqu'un les terrifie. mais alors, pourquoi aucun d'entre eux ne quitte-t-il jamais l'île ? Qu'est-il arrivé aux enfants du camp de vacances précipitamment fermé en 1949 ? Qui était vraiment sa grand-mère ? Sandrine sera retrouvée quelques jours plus tars, errant sur une plage du continent, ses vêtements couverts d'un sang qui n'est pas le sien...

Peindre la pluie en couleurs

par Aurélie Tramier
Morgan est une directrice de crèche solitaire et revêche qui ne supporte plus les enfants. A 35 ans, elle vit dans le rêve de racheter une pension pour chiens. Tout vole en éclats lorsque sa soeur meurt dans un accident de voiture, lui laissant ses deux enfants en héritage. L'arrivée d'Eliott, 10 ans, et de Léa, 6 ans, bouscule son quotidien manique et fait ressurgir un passé douloureusement enfoui. Les voix de Morgane et d'Eliott alternent dans ce roman pour nous tracer la reconstruction d'une femme blessée qui découvre la force de l'amour maternel.

Serge

par Yasmina Reza
Avec "Serge", la romancière et dramaturge Yasmina Reza signe un nouveau roman dans lequel elle scrute la famille et interroge la question de la mémoire avec sa manière bien à elle de dessiner le tragique avec du rire. Un roman en forme de chronique familiale aigre-douce, qui évoque avec humour et mélancolie les liens qui unissent une fratrie composée de trois frères et soeurs, Serge, Jean et Nana Popper. Serge est également une réflexion sur la famille au sens plus large, ici la famille juive, puisque c'est à celle-là qu'appartiennent les Popper, avec un regard décalé sur la mémoire. Cette scène d'ouverture annonce la couleur. Le dernier roman de Yasmina Reza est le récit d'une tranche de trois vies, qui s'articule autour d'une scène clé : la visite en famille des camps d'Auschwitz Birkenau. Parfaitement construit, Serge est placé sous le signe du milieu : des protagonistes au mitan de leur vie, un narrateur, Jean, milieu de la fratrie, et une visite à Auschwitz, scène clé, plantée au milieu du récit.

Tout peut s'oublier

par Olivier Adam
Il est ici question d’un couple franco-japonais, d’un retour au Japon de la femme aimée avec l’enfant fruit de leur union. Un texte poignant, qui montre le Japon côté lumière, mais aussi côté ombre lorsqu’il refuse tout droit au père d’un enfant. Nathan semble mener une vie heureuse : il vit avec Jun, la femme japonaise pour laquelle il a eu un coup de foudre à Kyoto huit ans plus tôt, et ils ont ensemble un petit garçon, Léo, qu’il adore. Lorsqu’elle le quitte pour s’installer près de son atelier de céramique dans la ville bretonne où ils vivent, il encaisse le fait de ne voir Léo qu’une semaine sur deux. Mais un jour, il trouve l’appartement de Jun vide. Plus aucune affaire, et aucune trace de son fils ! Un choc immense, une incompréhension totale… Et petit à petit, il comprend qu’elle est rentrée au Japon avec leur fils. Il débarque à Kyoto pour tenter de la voir mais fait choux blanc. Il embauche un détective privé japonais… Il fait tout pour revoir son fils, même si tout et tout le monde dans ce pays semble s’acharner contre lui.

Prix Littéraires 2020

L'anomalie

par Hervé Le Tellier
Embarquement immédiat avec le romancier Hervé Le Tellier, membre de l'Oulipo, ancien pilier des "Papous dans la tête" pour la parution "L’Anomalie" (Gallimard, août) en lice pour le Goncourt. « Il est une chose admirable qui surpasse toujours la connaissance, l'intelligence, et même le génie, c'est l'incompréhension. » En juin 2021, un événement insensé bouleverse les vies de centaines d'hommes et de femmes, tous passagers d'un vol Paris-New York. Parmi eux : Blake, père de famille respectable et néanmoins tueur à gages ; Slimboy, pop star nigériane, las de vivre dans le mensonge ; Joanna, redoutable avocate rattrapée par ses failles ; ou encore Victor Miesel, écrivain confidentiel soudain devenu culte. Tous croyaient avoir une vie secrète. Nul n'imaginait à quel point c'était vrai. Roman virtuose où la logique rencontre le magique, L'anomalie explore cette part de nous-mêmes qui nous échappe. "Je voulais proposer au lecteur une expérience de réflexion : un " Et si ? " . Cette question je me la pose moi-même, à chaque fois que je me précipite dans un personnage, je me demande comment je réagirai mais aussi comment le personnage réagirait, il n'est pas nous. Il faut répondre à ces deux questions simultanément. Face à mon double, la question essentielle qui se poserait ne serait pas matérielle, mais la question serait celle du sacrifice pour ceux qu'on aime : est-ce que je serai prêt à me battre ? à aller jusqu'au meurtre ? Est-ce que je serai capable de résister à la pression, à la concurrence, à un point incroyable, puisque l'autre l'autre, c'est vous? Quand on est confronté à soi, comment être plus soi que l'autre devient une question assez complexe" (Hervé Le Tellier) "

Nickel Boys

par Colson Whitehead
Avec Nickel Boys, Colson Whitehead agit en chirurgien consciencieux et s’attaque à une autre plaie constitutive de l’héritage américain. L’auteur abandonne la Géorgie et l’esclavage pour plonger au coeur moite de la Floride, dans l’Amérique ségrégationniste des années 60. Comme pour Underground Railroad, c’est par les yeux d’adolescents que le lecteur assiste aux souffrances que l’Homme inflige aux autres et de ce fait à lui-même. Elwood Curtis est un enfant sage, travailleur, discret et obéissant. Quand il n’est pas à l’école, il aime écouter les discours de Martin Luther King sur un disque que lui a offert sa grand-mère. Les mots qui tournent en boucle sur la platine le touchent et lui mettent au cœur une certitude : il sait qu’un jour il fera partie de cette jeunesse noire qui changera les choses. La voix du pasteur reviendra à de multiples reprises dans le roman et rythmera la descente aux enfers de Curtis. Les citations lumineuses, pleines d’espoir, d’amour et d’appels à la dignité résonneront douloureusement à mesure que les rêves du jeune garçon seront soigneusement piétinés par les institutions américaines. Car à la suite d’une bête erreur judiciaire, Elwood va devenir un « Nickel boy », un garçon en centre de redressement, seul et sans avenir.

Peau d'homme

par Hubert
Sans contrefaçon, je suis un garçon !Dans l'Italie de la Renaissance, Bianca, demoiselle de bonne famille, est en âge de se marier. Ses parents lui trouvent un fiancé à leur goût : Giovanni, un riche marchand, jeune et plaisant. Le mariage semble devoir se dérouler sous les meilleurs auspices même si Bianca ne peut cacher sa déception de devoir épouser un homme dont elle ignore tout. Mais c'était sans connaître le secret détenu et légué par les femmes de sa famille depuis des générations : une « peau d'homme » ! En la revêtant, Bianca devient Lorenzo et bénéficie de tous les attributs d'un jeune homme à la beauté stupéfiante. Elle peut désormais visiter incognito le monde des hommes et apprendre à connaître son fiancé dans son milieu naturel. Mais dans sa peau d'homme, Bianca s'affranchit des limites imposées aux femmes et découvre l'amour et la sexualité.La morale de la Renaissance agit alors en miroir de celle de notre siècle et pose plusieurs questions : pourquoi les femmes devraient-elles avoir une sexualité différente de celle des hommes ? Pourquoi leur plaisir et leur liberté devraient-ils faire l'objet de mépris et de coercition ? Comment enfin la morale peut-elle être l'instrument d'une domination à la fois sévère et inconsciente ?À travers une fable enlevée et subtile comme une comédie de Billy Wilder, Hubert et Zanzim questionnent avec brio notre rapport au genre et à la sexualité... mais pas que. En mêlant ainsi la religion et le sexe, la morale et l'humour, la noblesse et le franc-parler, Peau d'homme nous invite tant à la libération des moeurs qu'à la quête folle et ardente de l'amour.

Avant que j'oublie

par Anne Pauly
Avant que j’oublie, premier roman d’Anne Pauly, relate la fin de la vie d’un homme atteint d’un cancer, ancien alcoolique qui meurt dans la solitude de la maladie et de la vieillesse, au terme d’une existence somme toute banalement médiocre. Le récit, conduit du point de vue de la fille, dont on comprend assez rapidement qu’il s’agit de l’auteure, est celui d’une réconciliation qui mène du chagrin à l’apaisement, celle de l’orpheline avec elle-même, devenue adulte en traversant l’expérience absolue de la perte.

Betty

par Tiffany McDaniel
Ce livre est a` la fois une danse, un chant et un e´clat de lune, mais par-dessus tout, l’histoire qu’il raconte est, et restera a` jamais, celle de la Petite Indienne. La Petite Indienne, c’est Betty Carpenter, ne´e dans une baignoire, sixie`me de huit enfants. Sa famille vit en marge de la socie´te´ car, si sa me`re est blanche, son pe`re est cherokee. Lorsque les Carpenter s’installent dans la petite ville de Breathed, apre`s des anne´es d’errance, le paysage luxuriant de l’Ohio semble leur apporter la paix. Avec ses fre`res et soeurs, Betty grandit berce´e par la magie imme´moriale des histoires de son pe`re. Mais les plus noirs secrets de la famille se de´voilent peu a` peu. Pour affronter le monde des adultes, Betty puise son courage dans l’e´criture : elle confie sa douleur a` des pages qu’elle enfouit sous terre au fil des anne´es. Pour qu’un jour, toutes ces histoires n’en forment plus qu’une, qu’elle pourra enfin re´ve´ler. Betty raconte les myste`res de l’enfance et la perte de l’innocence. A` travers la voix de sa jeune narratrice, Tiffany McDaniel chante le pouvoir re´parateur des mots et donne naissance a` une he´roi¨ne universelle.

Ce qu'il faut de nuit

par Laurent Petitmangin
«Pour moi, un livre, c’est un peu l’équivalent d’une cabane d’enfant. Quand j’étais petit, j’avais des amis qui savaient faire des choses incroyables de leurs mains, en bois, en fer. Moi, non. Pas par manque de patience ni manque d’imagination, mais simplement parce que j’en étais incapable. Ecrire, ça, j’y arrivais?», explique l’auteur. Parce qu’on lui a répété, enfant, qu’il serait ingénieur à la SNCF, ce fils d’une famille de cheminots en Lorraine, s’est inspiré d’un monde familier. Elevé «?dans cette dévotion du service public?», c’est avec «?la crainte de trahir, de décevoir?» et en même temps le besoin «?de parler des valeurs, de comment elles se transmettent?», qu’il a fait naître ce livre.

Chavirer

par Lola Lafon
Entrer dans les coulisses, c’est ce à quoi nous invite Lola Lafon dans Chavirer. Des coulisses multiples, celles des cours de danse, des plateaux de télévision et des cabarets, mais également celle des familles, des collèges, et des hôtels particuliers où se terrent les loups. Il y a un âge de « chavirement » chez les filles qui se situe entre douze et quatorze ans, quelque part entre l’apparition d’une raison raisonnante et la puberté, qui excite et attire les prédateurs. Cléo est et sera une danseuse. Chavirer est un des premiers grands romans sur la danse, et sur ce que subit le corps lorsque l’on danse. Mais l’histoire de Cléo, prédominante dans le roman – on y rencontre d’autres jeunes danseuses dont on apprendra que le parcours se déroule en parallèle ou en dissonance à celui de Cléo – est aussi et surtout l’histoire d’une proie. Une femme nommée Cathy vient l’aborder à la MJC, lui fait miroiter l’obtention d’une bourse pour intégrer une grande école de danse, l’enserre dans des filets apparemment bienveillants, et la conduit à la tanière des loups. Le milieu de la danse permet à Lola Lafon de montrer et d’évoquer les dégâts causés au corps. Le corps d’une danseuse est un corps meurtri, poussé à son extrême pour atteindre le geste parfait. Le sacrifice est visible, pieds déformés, plaies infligées par les costumes, maquillage outré pour camoufler les traits fatigués. Le corps d’une danseuse est aussi soumis à l’autorité d’un chorégraphe qui en demande toujours plus, qui pousse à la torsion, qui vocifère à chaque répétition et humilie, parfois. Le monde de la danse évoqué dans ce roman est celui des plumes et des paillettes, des variétoches et de Michel Drucker, un monde clinquant et moins prestigieux que le ballet classique. Cléo, l’héroïne principale du roman, revendique l’appartenance à ce monde-là, à cette danse-là, celle qui donne du bonheur tous les samedis soirs à la télé.

Et toujours les Forêts

par Sandrine Collette
Corentin, personne n’en voulait. Ni son père envolé, ni les commères dont les rumeurs abreuvent le village, ni surtout sa mère, qui rêve de s’en débarrasser. Traîné de foyer en foyer, son enfance est une errance. Jusqu'au jour où sa mère l’abandonne à Augustine, l’une des vieilles du hameau. Au creux de la vallée des Forêts, ce territoire hostile où habite l’aïeule, une vie recommence. À la grande ville où le propulsent ses études, Corentin plonge sans retenue dans les lumières et la fête permanente. Autour de lui, le monde brûle. La chaleur n’en finit pas d’assécher la terre. Les ruisseaux de son enfance ont tari depuis longtemps ; les arbres perdent leurs feuilles au mois de juin. Quelque chose se prépare. La nuit où tout implose, Corentin survit miraculeusement, caché au fond des catacombes. Revenu à la surface dans un univers dévasté, il est seul. Humains ou bêtes : il ne reste rien. Guidé par l’espoir insensé de retrouver la vieille Augustine, Corentin prend le long chemin des Forêts. Une quête éperdue, arrachée à ses entrailles, avec pour obsession la renaissance d’un monde désert, et la certitude que rien ne s’arrête jamais complètement.

Histoire du fils

par Marie-Hélène Lafon
"Voilà un roman qui tranche avec cette spécialité bien française de régler son compte à un père ou une mère par livre interposé. Curieux procédé… Comme s’il fallait rentabiliser sa souffrance, ou se rembourser les séances chez le psychanalyste. Et pourtant le fils de ce roman-ci aurait été en droit, lui aussi, de dire sa douleur, d’être né de père inconnu et d’avoir été collé par sa mère, tout bébé encore, chez une tante de province. Or c’est tout le contraire que nous raconte avec son talent si particulier Marie-Hélène Lafon. Toujours, elle délaisse les grandes orgues du ressentiment pour composer en mode mineur et opte pour les silences, joue des demi-teintes et de la pudeur. Cette pudeur, devenue si rare et quasi suspecte en ces temps de transparence obligatoire. André est le fils de Gabrielle mais il a été élevé par Hélène, et c’est tant mieux, car autant Hélène est chaleureuse, aimante, gaie, autant Gabrielle est sèche, distante et peu maternelle. Voilà donc un abandon heureux, entouré d’une famille que l’on découvre ici dans le désordre. Et ce que nous montre cette auteure, c’est que toute vie est une odyssée domestique, avec des tempêtes et des accalmies. Rien n’est banal et en même temps tout est banal. Dans tous ses romans, qui sont très courts, Marie-Hélène Lafon a l’air de se demander : "Qu’est-ce qu’une vie au fond "? Quand peut-on dire qu’on a vécu ? Et comment les gens font-ils pour s’en tirer, pour s’extraire de leur destin, partir loin ou au contraire pour accepter le lieu de leur naissance et y creuser un sillon tout tracé ? C’est un livre remarquablement construit, qui alterne plusieurs générations, pour les mettre en résonance. Grands-parents, parents, petits-enfants se passent un bâton relais avec des valeurs d’antan ou nouvelles. Chacun à sa place et chaque chose en son temps. Et si le malheur entre dans la maison, on continue et on n’en parle pas.

Le coeur synthétique

par Chloé Delaume
Chloé Delaume, habituée à la pratique de la littérature expérimentale, elle publie cette fois-ci, un roman "normal", un objet pop, à la fois drôle et poignant. Le Coeur synthétique (Seuil) est une comédie, mordante mais pas grinçante, une sorte de roman féministe populaire, un pastiche intelligent de Bridget Jones. «C’est l’histoire d’une fleur bleue qu’on trempe dans l’acide», écrit la romancière.

Le consentement

par Vanessa Springora
Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses oeillades énamourées et l'attention qu'il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin « impérieux » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l'aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu'elle vient d'avoir quatorze ans, V. s'offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables. Derrière les apparences flatteuses de l'homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s'arracher à l'emprise qu'il exerce sur elle, tandis qu'il s'apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l'écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.« Depuis tant d'années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu'au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l'enfermer dans un livre », écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.Plus de trente ans après les faits, Vanessa Springora livre ce texte fulgurant, d'une sidérante lucidité, écrit dans une langue remarquable. Elle y dépeint un processus de manipulation psychique implacable et l'ambiguïté effrayante dans laquelle est placée la victime consentante, amoureuse. Mais au-delà de son histoire individuelle, elle questionne aussi les dérives d'une époque, et...

Les impatientes

par Djaïli Amadou Amal
« Trois destins de femmes qui subissent des violences conjugales avant de se rebeller. Sans aucun manichéisme, ce livre fait naitre un véritable univers romanesque à la portée universelle. » Laure Adler

Nature humaine

par Serge Joncour
La ferme des Fabrier, de la canicule de l’été 1976 à la tempête de décembre 1999. Ample et délicat nouveau roman rural de l’auteur de « Chien-Loup ». De beaux personnages, souvent singuliers : Alexandre, Constanze, les sœurs, et la génération d'avant et celle d'avant encore avec leur vision, leur amour de la terre, leur conservatisme ou leur envie de modernité. Serge Joncour nous plonge dans ce monde dur et magnifique de la terre, du travail de la terre, de la relation aux animaux, de la naissance des premiers centres commerciaux où converge le weekend toute une population qui voit le changement s'opérer dans sa vie quotidienne, sans vraiment comprendre les implications des choix politiques qui concernent son destin. Et surtout d’un monde qui voit disparaître les bistrots, les petites gares et les petits chemins, la petite poste du village…ce qu’on nomme désertification.

Otages

par Nina Bouraoui

Rien n'est noir

par Claire Berest
Frida parle haut et fort, avec son corps fracassé par un accident de bus et ses manières excessives d'inviter la muerte et la vida dans chacun de ses gestes. Elle jure comme un charretier, boit des trempées de tequila. Elle aimeparticiper à des manifestations politiques, mettre des fleurs dans les cheveux, parler de sexe crûment et se rendre dans des fêtes à réveiller les squelettes. Et elle peint. Par dessus tout, Frida aime Diego, le peintre le plus célèbre du Méxique, son crapaud insatiable, fatal séducteur, qui couvre les murs de fresques gigantesques. l'auteur expose les passions, l'art et les souffrances de la peintre fracassée, cette magicienne des couleurs et prêtresse d'une féminité affranchie.

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TEL : 04 77 92 57 45

La médiathèque sera fermée à partir du samedi 6 août 2022 à 12h30. Réouverture le mardi 23 août à 15h00.

Bel été à toutes et tous !


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